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Les clubs français ont confirmé jeudi après-midi leur décision de ne pas participer l'an prochain aux coupes d'Europe de rugby.
La décision de boycottage qui avait été prise le 16 janvier dernier par la LNR a été validée, jeudi après-midi à Orly, par 14 voix contre 3. Seuls les deux représentants de la Fédération française de rugby (FFR) et Jean-Pierre Lux, président de l'ERC (European Rugby Cup), la société de droit privée, organisatrice de la compétition, ont voté contre.
"La pierre d'achoppement c'est l'actionnariat", a déclaré Serge Blanco, Président de la LNR. "Nous avions demandé 8,33 % des actions et, avec les clubs anglais, nous aurions eu 16,66 %. Cela permettait de pérenniser la vie des clubs au sein de l'ERC puisqu'il fallait 80 % pour pouvoir changer de structures et surtout pouvoir amener d'autres structures style province. Cela était une garantie. On ne veut pas nous la donner, c'est que peut-être il y a anguille sous roche".
A l'occasion de la renégociation des accords de Paris datant de 1999 et concernant l'organisation des coupes d'Europe, il avait été prévu que les Fédérations française et anglaise cèdent à leurs clubs la moitié de leurs actions dans l'ERC. Cette rétrocession aurait apporté aux ligues anglaise et française des garanties quant à l'avenir des clubs.
Or, si la FFR était prête à tenir sa parole, la RFU (NDLR: la fédération anglaise) a souhaité revenir dessus. "La RFU se refuse à lâcher le moindre pourcentage à ses clubs", a commenté Blanco.
Au-delà de l'aspect financier, les clubs français et anglais redoutent que derrière cette position, se cache la volonté de la RFU d'imposer un système de franchises ou provinces, propriétés de la fédération comme c'est déjà le cas dans les pays Celtes et dans l'hémisphère Sud. Un tel système condamnerait les clubs professionnels tels qu'ils existent actuellement.
"Cette décision rejoint celle des clubs professionnels anglais qui ont également décidé à l'unanimité de ne pas participer à la Coupe d'Europe faute d'un nouvel accord", a précisé la LNR dans un communiqué. Lundi les clubs anglais avaient décidé de s'aligner sur la position de leurs homologues d'outre-Manche.
Les clubs français qui ont remporté l'épreuve à quatre reprises peuvent se passer au moins une saison d'une compétition qui fait tomber chaque année cinq millions d'euros dans les caisses de la LNR. Ils le peuvent d'autant que la LNR vient de renégocier de manière très avantageuse ses droits audiovisuels. D'un point de vue sportif c'est évidemment moins vrai.
"Il n'est pas question pour nous de monter une autre compétition", a toutefois précisé Blanco.
Le boycottage place la FFR dans l'embarras. Celle-ci doit en effet signer les nouveaux accords régissant l'ERC mais en sachant que ses clubs professionnels seront absents de la scène continentale au moins une saison.
"Cette décision change complètement le profil de l'engagement des clubs français en Coupe d'Europe. Cela ouvre une nouvelle perspective sans les clubs français, peut être pas sans les clubs anglais. Ce sera compliqué", a expliqué Bernard Lapasset, le président de la FFR.
Ces derniers jours Bernard Lapasset avait tenté une ultime conciliation.
"J'ai tenté une médiation sur deux principes. D'abord la reconnaissance de l'existence des clubs au niveau international. Ensuite le maintien de l'unité française entre la FFR et la Ligue dans la conduite des affaires européennes. Cela permettait d'avancer dans le cadre des souhaits de la LNR. Mais une décision a été prise sur l'absence d'accord en Angleterre et moi je ne peux rien faire". AP
des/cov/jlc
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