Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
La parole était à la défense mercredi au procès sportif des matches truqués dans le championnat d'Italie, au lendemain des réquisitions du procureur Stefano Palazzi, qui a demandé la relégation en divisions inférieures de la Juventus de Turin, du Milan AC, de la Lazio Rome et de la Fiorentina. L'avocat de la Juventus a jugé "acceptable" une relégation du club en Serie B (deuxième division)
Suspectée d'être au coeur d'un vaste système de corruption, grâce auquel elle influençait les désignations d'arbitres et obtenait de ceux-ci des décisions favorables dans le jeu, la Juventus de Turin pourrait être reléguée en Serie C (troisième division) et être privée de ses deux derniers titres de championne.
La relégation en Serie B a été requise à l'encontre du Milan AC, de la Fiorentina et de la Lazio.
L'avocat de la Juventus, Cesare Zaccone, a reconnu que d'anciens responsables du club avaient eu des contacts inappropriés avec des responsables de la Fédération italienne de football, mais a affirmé qu'il ne s'agissait pas là de tentatives de truquer des matches.
Interrogé par le juge Cesare Ruperto sur la sanction qu'il estimerait convenable pour la "Vieille Dame", il a répondu: "une sanction acceptable serait celle demandée pour les autres clubs, la serie B".
Il a également estimé que les enregistrements téléphoniques faisant apparaître des contacts réguliers entre des responsables de l'arbitrage et les anciens directeurs général, Luciano Moggi, et exécutif, Antonio Giraudo, de la Juventus ne montraient pas que les deux hommes avaient tenté d'influencer les arbitres mais seulement qu'il se livraient à des "opérations de lobbying". Il a admis que ces "opérations" pouvaient en elles-mêmes être contraires à l'esprit du sport.
De son côté, l'avocat d'Antonio Giraudo, Luigi Chiappero, a déclaré que "le simple fait que ces gens aient pu se rencontrer et se parler fréquemment pourrait avoir été déplacé" mais que cela ne prouvait pas que des matches aient été truqués.
Plus tôt, l'ancien président de la fédération italienne de football, Franco Carraro, personnage le plus haut placé impliqué dans l'affaire, a nié avoir tenté d'influencer les arbitres sous la pression des responsables des clubs accusés.
"Je leur ai toujours demandé de faire le moins de fautes possibles et de traiter de manière équitable tous les jours et toutes les équipes", a-t-il déclaré devant le tribunal du sport installé au stade Olympique de Rome.
Le propriétaire de la Fiorentina, Diego Della Valle, et le président de la Lazio, Claudio Lotito, sont également venus se défendre, affirmant n'avoir contacté les autorités arbitrales que lorsqu'ils s'estimaient "victimes" d'erreurs ou d'injustices.
"J'ai juste fait remarquer que la Lazio avait souffert d'injustices et le président Carraro a reconnu qu'il y avait eu des situations défavorables", a assuré Claudio Lotito à la barre.
En plus des quatre clubs cités, 26 personnalités du monde du football -dont des arbitres, mais pas de joueurs- sont notamment jugées pour corruption et infraction à l'éthique sportive.
Le procès, ouvert jeudi dernier, devrait s'achever avant dimanche, la fédération italienne ayant indiqué que le verdict serait prononcé avant la finale de la Coupe du monde en Allemagne, le 9 juillet.
Parallèlement au procès sportif, les parquets de Naples, Rome, Parme et Turin mènent une enquête pénale pour des suspicions de fraudes, paris illégaux et manipulations de comptes. Les éventuelles mises en examen ne devraient pas intervenir avant plusieurs mois. AP
jp/v816
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|