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Qu'ils sont loin ces championnats du monde de natation 2005 où la France avait vu sa petite princesse auréolée de gloire aux Jeux olympiques d'Athènes frôler la correction sur 400 m nage libre.
A Montréal, il y a deux ans, Laure Manaudou avait en effet du puiser dans ses ressources mentales et physiques pour décrocher son premier titre mondial sur sa distance de prédilection. Epuisée, la Française avait ensuite déclaré forfait sur 100 m dos et 1.500 m nage libre.
En Australie, l'égérie de la natation tricolore n'a cette fois pas opéré de coupe franche dans son programme.
"Hier soir (dimanche), après sa victoire sur 400 m nage libre, nous avons envisagé la possibilité qu'elle ne s'aligne pas sur 1.500 m nage libre", admet son entraîneur Philippe Lucas. "Mais maintenant, Laure est libérée de toute pression. Donc s'il y a des courses où elle peut faire des résultats, il faut les nager. En plus, un 1.500 m ne va pas lui faire du mal car c'est une fille qui s'exprime bien quand elle nage beaucoup." A preuve, son marathon aux championnats d'Europe de Budapest où son engagement sur huit courses ne l'avait pas empêché d'enlever quatre médailles d'or (400, 800 m nage libre, 100 m dos et 200 m 4 nages) et une médaille de bronze individuelles (200 m nage libre) ainsi que deux médailles de bronze en relais (4x200 m nage libre et 4x100 m 4 nages).
"Je n'ai pas de priorité pour les épreuves qu'elle va maintenant disputer", poursuit Philippe Lucas. "Nous ne ferons pas de choix, Laure va nager pour décrocher des médailles, et si ses performances sont médiocres et que sur une course elle n'a aucune chance de bien figurer, et bien elle arrêtera."
Lundi, la deuxième matinée des championnats du monde de Melbourne n'a pas révélé de failles dans la motivation et l'allant de la sportive préférée des Français. Laure Manaudou s'est ainsi qualifiée pour la finale du 1.500 m nage libre en signant le sixième temps des séries en 16:12.16 minutes.
Mardi, pour concurrencer lAméricaine Hayley Peirsol (16:02.82) et la Japonaise Ai Shibata (16:05.92), respectivement première et deuxième à l'issue des préliminaires, la Française devra certainement nager plus vite que son record de France (16:03.01). Mais avec de pareils lièvres, tous les scénarios sont envisageables.
D'autant que l'amour lui donne des ailes. Aux Euros en petit bassin d'Helsinki, Laure Manaudou s'était fendue d'un "Amore" écrit dans la paume de sa main. Dimanche, après sa victoire sur 400 m, elle a dévoilé un "Love".
Son petit ami, l'Italien Lucas Marin, appréciera, le public australien également qui attend désormais de nouveaux messages codés. Peut-être à l'issue de la finale du 1.500 m nage libre. "Sur 1.500 m, trois ou quatre filles sont au-dessus en ce moment", nuance Philippe Lucas. "Mais c'est une finale assez ouverte. Il faut voir comment elle va digérer sa semaine, mais elle est bien dans son truc. Je l'observe et je la sens concentrée."
Sur 100 m dos justement, Laure Manaudou a affiché une belle maîtrise. Première de sa demi-finale en 1:00.55, nouveau record de France (ancien 1:00.64), elle entre en finale juste derrière une jeune Australienne de 15 ans, Emily Seebohm, auteur d'un remarquable 1:00.51. "Sa mise en action a été difficile", remarque l'entraîneur aux biceps saillants. "Son premier 50 mètres est lent et le deuxième correct. A mon avis, ce sera dur en finale. Cela se jouera entre cinq filles. Elle peut donc finir première comme cinquième. Coughlin est au-dessus du lot. Elle est très puissante et réalise de très belles coulées." AP
jlc/cm
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