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Frank Schleck (CSC) a profité de l'entrée dans les Alpes pour ravir le maillot jaune du Tour de France à Cadel Evans, lors d'une 15e étape remportée dimanche par un autre Australien, Simon Gerrans, au terme de 183 kilomètres mouvementés entre Embrun et Prato Nevoso.
Leader de la Grande Boucle depuis le 14 juillet et l'arrivée à Hautacam lors de la 10e étape, Cadel Evans n'a pu conserver la petite seconde d'avance qu'il possédait le matin sur le Luxembourgeois.
Harcelé lors de l'ultime ascension vers Prato Nevoso, "Manneke", "petit homme" en flamand, le surnom d'Evans dans l'équipe Silence-Lotto, a finalement cédé sous les coups de boutoir des Denis Menchov, Bernahrd Kohl, et autre Carlos Sastre.
Neuvième de l'étape, Frank Schleck passera la journée de repos lundi en leader, avant les deux terribles dernières étapes alpestres mardi et mercredi. La trilogie s'achèvera sur les hauteurs de l'Alpe d'Huez, l'un des terrains de chasse du longiligne coureur de 28 ans, qui s'y était imposé en 2006.
"C'est un rêve de gosse qui se réalise" a déclaré Frank Schleck, qui a endossé le maillot jaune sous les yeux de son père Johnny, ex-coéquipier de Luis Ocana.
"Je remercie toute l'équipe qui a fait le show", a souligné Frank Schlek. Sa première pensée est allée à son frère cadet Andy qui a dynamité le peloton des favoris dans l'ultime ascension.
"Mon frère a mis tout le monde dans le rouge", a-t-il dit. "Dommage qu'il ait eu une fringale à Hautacam, sinon on serait trois avec Carlos Sastre".
L'Espagnol, sixième de l'étape, a contribué à déstabiliser Evans, trop seul dans les ascensions.
Si la CSC a montré sa force en montagne, d'autres n'ont pas dit leur dernier mot. Le Russe Menchov (Rabobank) aurait sans doute pu prétendre au maillot jaune sans une chute dans un virage sur la route humide, alors qu'il venait de lâcher tous les favoris dans l'ultime ascension. L'Autrichien Bernahrd Kohl (Geroslteiner), révélation de ce Tour 2008, s'est lui aussi porté avec facilité aux avant-postes.
Kohl, troisième du Dauphiné Libéré 2006, est désormais deuxième du classement général, à sept secondes de Frank Schlek. Cadel Evans, troisième à huit secondes, tentera de reprendre des forces dans les bras de sa femme Chiara venue l'accueillir à Prato Nevoso.
"Il n'est pas déçu, il savait qu'il avait beaucoup de chances de perdre le maillot", a déclaré Roberto Damiani, le directeur sportif de la formation Silence-Lotto.
Si Frank Schleck va tenter de devenir le premier Luxembourgeois vainqueur du Tour de France depuis Charly Gaul en 1958, la course reste très ouverte. Six coureurs se tiennent en moins d'une minute. Menchov est quatrième à 38 secondes, l'Américain Christian Vande Velde (Garmin) cinquième à 39, alors que Sastre est sixième à 49 secondes.
Simon Gerrans (Crédit Agricole), parti avec trois coureurs le matin vers le 15e kilomètre, a réglé au sprint ses camarades d'échappée. Il a devancé de trois secondes l'Espagnol Egoi Martinez et de 10 secondes l'Américain Danny Pate, alors que Jose Luis Arrieta a fini à 55 secondes.
Bernahrd Kohl a pris la première place du groupe des favoris en finissant cinquième à 4:03 minutes. Cadel Evans a fini 13e de l'étape à 4:50.
Les échappés ont profité d'un grave accident de course pour mener à bien leur entreprise. Car la chute d'Oscar Pereiro, dans la descente du col d'Agnel pour la première fois empruntée par la Grande Boucle, a frappé les esprits. Passé par dessus la balustrade et tombé cinq mètres en contrebas, l'Espagnol, vainqueur du Tour 2006, a été évacué sur l'hôpital de Cueno.
"Il est toujours à l'hôpital. Il n'a jamais perdu connaissance. Il a très mal à l'épaule gauche où il a deux ou trois fractures", a déclaré Eusebio Unzue, le directeur sportif de l'équipe Caisse d'Epargne.
La Caisse d'Epargne a communiqué dimanche soir le diagnostic finale: "Oscar Pereiro souffre d'une fracture complète du troisième supérieur de l'humérus gauche avec déplacement", a annoncé un communiqué. "Le coureur galicien sera transporté en hélicoptère à l'hôpital de Turin, où il passera un scanner afin de mesurer la portée de la lésion, ainsi que de vérifier si d'autres structures telles que les vaisseaux sanguins ou les nerfs ont pu être affectés par la chute."
Cette chute a refroidi les ardeurs du peloton, alors que devant, le quatuor continuait sa folle échappée. A 50 kilomètres du but, une chute collective cette fois, au passage d'un rond-point à l'asphalte mouillé par la pluie, n'a pas contribué à augmenter la cadence. AP
jlc/com
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