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actu & culture


PEKIN - lundi 14 juillet 2008 à 16h52

JO de Pékin: l'atmosphère n'est pas à la fête


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A moins d'un mois de l'ouverture des Jeux olympiques, l'atmosphère n'est pas à la fête à Pékin.

De nombreux hôtels sonnent le creux en raison d'une stricte politique de visas qui maintient les visiteurs hors des frontières. La police, vêtue de gilets pare-balles protecteurs, patrouille en compagnie de chien dressés à la détection de bombes. Les piétons ont été priés de ne plus encombrer les rues et les restaurants disgracieux ont été fermés. Les nouvelles règles pour les colis postaux, interdisent bien sûr l'envoi d'explosifs, mais aussi de pâtes molles, d'électronique et "d'objets métalliques non identifiés".

Dans les collines bordant Pékin, les fermiers qui comptaient héberger des visiteurs, ont été priés de s'occuper seulement de leur bétail et de leurs cultures.

"C'est comme si ils s'apprêtaient à faire une grande fête tout en maintenant les invités à l'écart", estime Bob Dietz, du comité new-yorkais de protection des journalistes, qui n'a pu obtenir de visa malgré 20 ans de voyages en Chine. "Ils (les Chinois) ne sont pas prêts à accueillir le monde".

En parallèle des sites olympiques ultra-modernes, des nouvelles lignes de métros et des étalages débordant de fleurs, les mesures de restriction multiples prises à Pékin empêchent toute atmosphère festive à quelques semaines des Jeux olympiques qui auront lieu du 8 au 24 août dans la capitale chinoise.

Les autorités chinoises ont justifié les désagréments par un souci de lutter contre le terrorisme, et contre tout ce qu'un membre des affaires consulaires au ministère des Affaires étrangères qualifie de "forces hostiles". La liste des indésirables est longue, allant des chômeurs aux activistes étrangers critiques envers la politique chinoise concernant les Droits de l'Homme.

Le contraste entre la préparation minutieuse et somptueuse des Jeux et la dure réalité, détonne. Car les dirigeants chinois ont été ébranlés par des événements imprévus qui se sont accumulés cette année.

Les tempêtes de neige qui ont paralysé certaines régions et le tremblement de terre qui a fait près de 70.000 morts ont montré la vulnérabilité du système en interne, alors que la répression ayant suivi la révolte tibétaine, a été sévèrement critiquée à l'étranger. Les dirigeants disent qu'ils ont déjoué des complots d'extrêmistes musulmans des bordures asiatiques de la Chine, notamment l'un concernant un détournement d'avion, l'autre la prise d'otage d'athlètes et de journalistes.

Le Chinois moyen lui se gausse du mauvais sort entourant les cinq mascottes olympiques, associées chacune aux récentes calamités ayant frappé le pays. Beibei le poisson est relié aux calamités atmosphériques, Jingjing le panda au tremblement terre au Sichuan, Huanhuan la flamme olympique est elle jumelée avec les troubles ayant marqué le passage de la torche olympique, Yingying l'antilope tibétaine avec les événements sanglants dans cette province himalayenne, et Nini l'oiseau est jugé responsable à la fois du déraillement d'un train en avril et de l'inflation galopante.

"Au tout début, les autorités municipales de Pékin, indiquaient qu'elles souhaitaient organiser les meilleurs Jeux de l'histoire. Aujourd'hui elles parlent de Jeux de haute qualité avec des caractéristiques chinoises", explique Jin Canrong, expert en affaires internationales à l'université de Renmin. "Si les Jeux se passent sans incident, ils seront considérés comme un succès".

Les 40 milliards de dollars d'investissements ont transformé l'ancienne ville traditionnelle en mégapole moderne vibrant 24 heures sur 24.

La décision de fermer de nombreux sites de construction ou de production industrielle en juillet pour tenter de résoudre le problème de la pollution, a laissé sur le carreau de nombreux travailleurs migrants, qui constituent cinq des 18 millions de Pékinois. Beaucoup sont contraints de quitter Pékin.

Pour préserver l'ordre, au total 440.000 personnes ont été mobilisées pour assurer la sécurité des Jeux.

"Quelques mesures de sécurité sont compréhensibles. Regardez les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre", souligne Xu Youyu, un philosophe à la retraite, célèbre pour ses prises de position critiques concernant la politique gouvernementale. "Mais le système chinois ne doit pas appliquer ces considérations aux libertés civiles. Le gouvernement augmente la surveillance et le contrôle de gens qui n'ont aucune intention de troubler les Jeux. Il s'agit d'une violation des Droits de l'homme basiques en contradiction avec les promesses faites lors de la candidature aux Jeux".

Avec la ville qui se vide et s'aseptise, le demi-million d'athlètes, de journalistes, de dignitaires et de touristes attendus pour les Jeux, devraient découvrir une cité de Pékin parfaite mais irréelle.

"Si personne ne venait, les Jeux seraient une réussite. Car c'est du théâtre", estime Anne Stevenson-Yang, une consultante en science sociale de Pékin. "Les visiteurs étrangers sont là en piliers (des Jeux), mais moins ils seront nombreux, mieux ce sera (pour les autorités)". AP

jlc/v




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