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L'association Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé vendredi dans un communiqué la présence annoncée du président américain George W. Bush à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin le 8 août, alors que "tout laisse penser" selon elle que Nicolas Sarkozy y assistera également.
"C'est un coup de poignard dans le dos des dissidents chinois", s'insurge RSF. L'organisation appelle à des rassemblements, le 8 août prochain, devant les ambassades de Chine dans le monde et organisera une "cybermanif" devant le stade olympique de Pékin.
La Maison Blanche a annoncé jeudi que George W. Bush assisterait à la cérémonie d'ouverture des JO. Nicolas Sarkozy a quant à lui fait savoir lundi soir sur France-3 qu'il rendrait publique sa décision "au début de la semaine prochaine" lors de la réunion du G8 au Japon, où il doit rencontrer le président chinois Hu Jintao.
Le président français, qui conditionne sa venue au progrès dans les pourparlers entre les autorités chinoises et le dalaï lama, a jugé que ceux-ci "progressent bien". "Si cela devait progresser encore et que le dalaï Lama et le président chinois reconnaissaient des progrès, l'obstacle à ma participation serait levé", avait-il dit.
Interrogé sur un entretien avec le dalaï lama lors de sa visite en France en août, M. Sarkozy avait répondu qu'une rencontre était "possible".
"Une rencontre a certes eu lieu entre la Chine et les représentants du dalaï lama ces derniers jours, mais elle n'a pour l'instant débouché sur rien de concret, et des officiels chinois continuent de critiquer de manière virulente les dirigeants tibétains dans la presse", souligne RSF dans son communiqué. "Nicolas Sarkozy et George W. Bush se privent aujourd'hui d'un moyen de pression qui aurait peut-être permis d'aboutir à la libération de journalistes et défenseurs des droits de l'Homme emprisonnés."
Les derniers pourparlers en date avec le pouvoir chinois, mardi et mercredi, ont été "parmi les plus difficiles" jamais tenus, a estimé vendredi l'un des deux émissaires du dalaï lama, le chef spirituel tibétain en exil, qui se déclare toutefois prêt à revoir les négociateurs chinois dans quelques mois.
Lodi Gyari a déclaré avoir dit "très franchement à ses homologues chinois que s'il n'y avait aucun sérieux de leur part, il est presque inutile (pour les deux parties) de perdre leur temps" avec d'autres pourparlers.
De violents émeutes anti-gouvernementales avaient secoué le Tibet en mars dernier. AP
co/com/st
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