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Héroïque en défense, le Stade Toulousain a arraché le droit de disputer sa cinquième finale de Coupe d'Europe de rugby en s'imposant dans la douleur (21-15) face au club anglais des London Irish samedi après-midi à Twickenham.
Aux deux essais toulousains signés Manu Ahotaeiloa et William Servat (35e et 38e), la formation anglaise, qui atteignait le dernier carré pour la première fois de sa courte histoire européenne (3e participation), a répliqué par deux essais de ses ailiers Topsy Ojo (20e) et Sailosi Tagicakibau (44e).
Les autres points sont à mettre à l'actif des buteurs des deux formations, Peter Hewat (5 points) et Jean-Baptiste Elissale (11 points), qui s'est blessé au genou en fin de première période mais a fini le match en serrant les dents.
Fatigué et décimé par les nombreuses blessures dans ses lignes arrières, Toulouse n'a pas pu avoir son rayonnement offensif habituel et a dû puiser au plus profond de lui-même pour écarter une formation rivale très joueuse et terriblement dangereuse sur les extérieurs.
"Aujourd'hui, on a fait avec les moyens du bord, un peu à l'ancienne. Cela prouve que l'on a des ressources. Ce qu'a fait le groupe est très bien", a salué Elissalde.
En finale le 24 mai prochain à Cardiff, Toulouse, la seule équipe ayant remporté le trophée à trois reprises, affrontera le vainqueur du match qui opposera dimanche à Coventry les Saracens à la province irlandaise du Munster.
A Twickenham, les Anglais ont allumé tout de suite la première mèche sous la forme d'une attaque au pied sur le grand côté qui voyait l'ailier toulousain Yves Donguy se coucher in extremis sur l'ovale pour empêcher son vis-à-vis Topsy Ojo d'aplatir (2e).
Après ce coup de semonce, Toulouse revenait bien dans le match. Jean-Baptiste Elissalde ouvrait le score sur pénalité (11e), mais Peter Hewat répliquait vite pour les London Irish (3-3, 14e).
Le premier essai du match survenait sur une action dans le côté fermé superbement jouée par Ojo qui gagnait deux duels de suite face à Elissalde puis Cédric Heymans pour se jeter en terre promise presque sous les barres. Hewat transformait (3-10).
Elissalde manquait, ensuite, une pénalité en coin (24e). Mais Toulouse s'était remis dans le sens de la marche et les situations chaudes se multipliaient dans les 22 mètres anglais. Il ne manquait que la finition. Elle venait sur une action côté droit qui permettait à Manu Ahotaeiloa, un des nouveaux visages du Stade Toulousain, d'aller à l'essai. Elissalde, peu chanceux, manquait la transformation (8-10, 35e).
Constamment installés dans le camp adverse, les Stadistes concrétisaient encore leur domination avant la pause sur un essai du talonneur William Servat avec le concours des avants (15-10, 38e).
Deux plaquages manqués sur Sailosi Tagicakibau offraient au très rapide ailier des London Irish la possibilité d'offrir à son équipe un essai qui la relançait (15-15, 44e). Mais les Toulousains ne s'affolaient pas et deux pénalités (48e et 41e) d'Elissalde leur redonnaient de l'oxygène (21-15).
La fatigue que l'on savait guetter les Toulousains au tournant après plusieurs gros matches ces dernières semaines se manifestait après l'heure de jeu. Incapable d'aller jouer chez l'adversaire, Toulouse devait se contenter d'essuyer les vagues adverses et de défendre avec quelque chose qui ressemblait à l'énergie du désespoir.
Byron Kelleher enrayait encore une attaque dangereuse d'Ojo (62e), avant un sauvetage d'Heymans sur Shane Geraghty (73e). Dans les cinq dernières minutes, les Anglais, qui auraient gagné le match en cas d'essai transformé, multipliaient en vain les temps de jeu, mais les Toulousains ne cédaient pas. AP
xdes/petr/mw
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