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Les athlètes français maintiennent leur souhait de "s'exprimer" lors des Jeux olympiques de Pékin par un badge portant un message "international", a affirmé mardi l'ancien champion olympique de judo David Douillet, s'opposant ainsi à la position exprimée par le Comité national olympique et sportif français (CNOSF).
"Ce qu'on veut porter, c'est un badge qui serait porté par un Américain, par un Ethiopien, par un Libanais, par n'importe quelle nation, un badge international", a expliqué Douillet. "Ça sera quelque chose d'international qui est acceptable pour tout le monde, qui est accepté, qui donne le sentiment de s'exprimer et une vraie tranquillité" aux athlètes.
Il a estimé que ce nouveau badge pourrait ressembler à celui qui a été utilisé lors du passage de la flamme olympique à Paris le 7 avril, avec une phrase tirée de la charte olympique comme l'était l'expression "pour un monde meilleur" qui figurait sur le premier badge. "Pour que notre (action) ait du sens, il faut qu'il y ait une acceptation de ce propos à un niveau international d'une grande majorité des athlètes", a souhaité David Douillet.
Interrogé dans la cour de l'Elysée après un entretien avec Nicolas Sarkozy, David Douillet a précisé que "les discussions et les négociations avec le CIO (étaient) toujours en cours" sur ce projet. Il a dit ne pas savoir si la proposition des athlètes français, qui travaillent en collaboration avec des sportifs d'autres pays, serait acceptée. En outre, a-t-il souligné plus tard, "ce sera peut-être un badge, peut-être autre chose (...) On peut changer peut-être la phrase. Tout est ouvert".
L'ancien judoka et co-président de la commission des athlètes de haut niveau au CNOSF a en revanche assuré que le président du CNOSF Henri Sérandour ne s'était pas prononcé contre ce projet de badge en lui-même, mais contre l'utilisation à l'identique du badge du 7 avril, parce qu'il arborait aussi un logo "français". "Il n'a jamais été question qu'on puisse porter le badge de la France", a cadré le sportif, qui a assuré avoir reçu le soutien "ferme" du président de la République. Nicolas Sarkozy devrait inviter à l'Elysée "dans les prochains jours" une délégation d'athlètes français ainsi que certains membres du CNOSF, selon David Douillet.
Henri Sérandour, qui s'est ensuite exprimé aux côtés de David Douillet lors d'une conférence de presse en fin d'après-midi, a confirmé que le refus du CNOSF portait sur ce badge portant le nom France sous les anneaux. Ce refus "voulait dire: non, pas ce badge-là, parce que s'il y a un badge ce sera un badge pour tout le monde".
"Si vous avez une démarche vers un échelon international, vous ne pouvez pas utiliser un badge qui ait été fait pour la France", a-t-il poursuivi. "Les athlètes souhaitent que ce soit quelque chose de fait à l'échelon international. Sans cela, ça n'a pas de force. Il va falloir maintenir nos démarches."
Le refus du CNOSF avaient déclenché une vague de protestation dans le monde sportif et chez les associations qui dénoncent la situation des droits de l'Homme en Chine. "Je suis extrêmement déçu", a réagi le perchiste Romain Mesnil, vice-champion du monde 2007 et président du Syndicat des athlètes français. "Notre message, avec en plus 'Pour un monde meilleur', qui est tiré de la charte olympique, que tout le monde avait trouvé peut-être un peu trop consensuel, c'est prôner les valeurs de l'olympisme, dont les droits de l'Homme", a-t-il défendu sur France Inter.
Le secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte a lui qualifié la position du CNOSF de "regrettable". Quant à l'association Reporters sans frontières, très en pointe pour dénoncer l'organisation des JO par la Chine, elle s'est dite "consternée" par cette position. "C'est une capitulation en rase campagne, sacrifiant la liberté d'expression des athlètes au profit des exigences des organisateurs chinois", dénonce RSF dans un communiqué. AP
lp/st/cov/mw
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