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actu & culture


BUDAPEST - dimanche 06 aout 2006 à 21h20

Laure Manaudou, la fille en or de la natation française



"Extraterrestre", "incroyable", "phénoménale"... Laure Manaudou a encore déclenché les superlatifs tout au long de sa semaine en or aux Championnats d'Europe de natation à Budapest, avec en apothéose un nouveau record du monde sur 400m nage libre, en 4:02.13.

Déjà championne olympique et du monde de la distance, la fille en or de la natation française a repoussé ses limites en améliorant de 90 centièmes sa précédente marque (4:03.03).

Une prouesse qui semble aujourd'hui pratiquement banale pour une athlète qui, à 20 ans à peine (elle les fêtera le 9 octobre prochain), s'est d'ores et déjà fait une belle place dans l'histoire du sport français.

A Budapest, la nageuse de Melun a étoffé un palmarès déjà bien fourni en récoltant sept nouvelles médailles: quatre en or (400m nage libre, 800m nage libre, 100m dos et 200m quatre nages) et trois de bronze (200m nage libre, relais 4x200m et relais 4x100m quatre nages).

Le tout au cours d'une véritable semaine de forçat où elle a concrétisé les lourdes charges de travail accumulées dans son groupe d'entraînement de Melun sous la main de fer de son coach Philippe Lucas.

A peine auréolée de son nouveau record dimanche, Laure Manaudou remerciait d'ailleurs cet entourage tout entier tourné vers la performance de son joyau. "Il n'y a pas que moi qui ait fait le travail, il y a aussi Philippe (Lucas, NDLR), il y a aussi Esther (Baron, championne d'Europe du 200 mètres dos) et Sarah (Bey) qui se sont entraînées avec moi pendant un mois à Canet (en Roussillon, NDLR)", a-t-elle déclaré.

"Toute seule, je n'aurais pas pu y arriver non plus, et il y a mes parents qui sont venus aussi, il y a mon entourage et il y a vraiment toute l'équipe aussi qui a tout fait pour qu'on y arrive", a-t-elle encore souligné. "Il n'y a pas que moi, même si c'est moi qui nage. Il y a quand même beaucoup de monde autour de moi qui m'aide à faire ça".

En retour, Manaudou entraîne toute la natation française dans sa vague. A Budapest, les Tricolores ont récolté 15 médailles (cinq en or, deux en argent et huit en bronze), confirmant la présence de la France parmi les grandes nations de la natation et égalant leur record en compétition internationale établi il y a deux ans, lors des Championnats d'Europe de Madrid.

Madrid, où le talent de la jeune Laure Manaudou, alors âgée de 17 ans, avait éclaté à la face du monde, glanant l'or sur 100m dos, le relais 4x100m quatre nages et 400m nage libre (en 4:07.90).

Star en devenir, la nageuse née à Villeurbanne prenait une autre dimension quelques mois plus tard à Athènes en apportant à la France sa première médaille d'or en natation aux Jeux olympiques depuis Jean Boiteux en 1952. Une récompense qu'elle complétait par l'argent sur 800m nage libre et le bronze sur 100m dos.

En devenant la première championne olympique de l'histoire de la natation française, elle faisait mieux que ses glorieux prédécesseurs Catherine Plewinski, Stéphane Caron ou encore Franck Esposito. La France tout entière avait alors découvert "Laure olympique", une championne aux nerfs d'acier, capable de résister à la pression sous la férule d'un Philippe Lucas aux méthodes quasi-militaires.

Désormais chouchoutée par les médias, Laure Manaudou rappelait qu'elle était avant tout une championne un an plus tard à Montréal où, après une année plus difficile à l'entraînement et sur le plan personnel, elle remportait l'or mondial sur 400m nage libre.

Avec un temps de 4:06.44, elle commençait à faire fondre les chronos, avec en ligne de mire le mythique record du monde de l'Américaine Janet Evans (4:03.85) réalisé en 1988.

Le but sera atteint le 12 mai 2006, aux Championnats de France à Tours. Après 4:03.03 d'effort, Laure Manaudou rejoignait les plus grands noms de la natation, à seulement 19 ans. Avant d'entrer définitivement dans un autre monde à Budapest avec sept médailles, et un 400m nagé en 4:02.13.

Nul doute que Philippe Lucas, en entraîneur pragmatique, a déjà la tête à Pékin 2008. AP

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