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actu & culture


PARIS - mercredi 12 septembre 2007 à 13h41

F1: McLaren joue son avenir



Dominatrice sur la piste cette saison, l'écurie de Formule 1 McLaren pourrait voir ses rêves de titres partir en fumée jeudi à l'issue du Conseil mondial de l'automobile, qui doit se pencher sur l'affaire d'espionnage secouant les paddocks depuis plusieurs mois.

Déjà visée par une enquête criminelle en Italie, l'équipe dirigée par Ron Dennis pourrait être suspendue deux ans du championnat du monde si elle est reconnue coupable d'avoir obtenu des informations confidentielles sur sa rivale Ferrari.

Dimanche à Monza, McLaren a humilié la Scuderia sur ses terres en s'adjugeant les deux premières places du Grand Prix d'Italie, confortant ainsi son avance au classement du championnat du monde constructeurs (181 points contre 143). Au classement des pilotes, les deux vedettes de l'équipe basée en Angleterre occupent aussi les avant-postes: Lewis Hamilton est premier avec 92 points devant le double champion du monde Fernando Alonso (89) et les pilotes de la Scuderia Kimi Raikkonen (74) et Felipe Massa (69).

Mais cette situation sportive rêvée pourrait s'assombrir au siège de la Fédération internationale de l'automobile. Samedi sur le circuit de Monza, McLaren a reçu la visite de représentants des procureurs de Modène. Ron Dennis et cinq autres employés de McLaren, dont le responsable du design suspendu Mike Coughlan, feraient l'objet d'une enquête pour fraude sportive, espionnage industriel et possession illégale d'information financière.

L'affaire a éclaté au mois de juillet quand un dossier de 780 pages sur les monoplaces Ferrari a été découvert au domicile de Coughlan, qui a ensuite été suspendu tandis que le responsable en chef de la performance chez Ferrari Nigel Stepney, qui aurait fourni les documents, a été limogé.

Vendredi dernier, la "Gazzetta dello Sport" a publié un échange d'e-mails entre Alonso et De La Rosa laissant penser que les pilotes étaient au courant d'informations confidentielles sur le design des Ferrari.

Mosley a aussi écrit une lettre aux patrons de toutes les écuries de F1, à l'exception de McLaren et Ferrari, pour leur demander s'ils avaient des informations sur l'affaire.

Au mois de juillet, le Conseil mondial de l'automobile avait jugé que McLaren avait été en possession de documents secrets de Ferrari mais n'avait pas puni l'équipe car il n'existait pas de preuves suffisantes pour démontrer que les documents avaient été utilisés.

Mais le double champion du monde Alonso aurait depuis transmis de nouvelles preuves à la FIA, qui a demandé aux pilotes McLaren de collaborer à l'enquête.

"J'ai fait seulement ce qui devait être fait", a déclaré Alonso, selon le quotidien italien La Repubblica daté de samedi. "La plus haute autorité (NDLR: la FIA) me l'a demandé."

Le président de la FIA, Max Mosley, a envoyé le 31 août une lettre à Alonso, Lewis Hamilton et au pilote d'essais Pedro De La Rosa pour les informer que selon la FIA "un ou plusieurs pilotes McLaren pouvaient être en possession... de preuves écrites concernant cette enquête."

Mosley a demandé aux trois pilotes de coopérer "dans les intérêts du sport et du championnat". Il leur a offert une amnistie en échange de leur témoignage.

"J'ai reçu la lettre le 31 août et j'ai informé (le patron de McLaren) Ron (Dennis). Il n'était pas content", a déclaré Alonso avant le Grand Prix d'Italie, selon "La Repubblica". "J'ai été obligé de répondre, car je fais partie de ce monde." AP

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