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Dernière ligne droite difficile pour le rapport du GIEC sur les moyens d'atténuer le réchauffement de la planète: la Chine a créé la division jeudi à Bangkok, en cherchant à édulcorer des limites proposées sur la concentration des gaz à effet dans l'atmosphère.
La Chine est apparue comme un protagoniste clé cette semaine à Bangkok, où les scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) et les délégués de plus de 120 pays sont réunis depuis lundi pour mettre la dernière main au rapport, qui doit être publié vendredi.
La Chine, deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre (GES), cherchait jeudi à freiner les efforts pour limiter leur croissance dans l'atmosphère, a souligné Michael Muller, vice-ministre allemand de l'Environnement.
Le rapport, élaboré par le Groupe de travail III du GIEC, propose de plafonner les concentrations de GES s'établissant entre 445 parties par million (ppm) et 650 ppm. Mais Pékin demande la suppression la partie basse de la fourchette, arguant qu'elle risque de nuire à son développement économique. "Les Chinois résistent beaucoup, et de nombreux pays se réfugient derrière la position chinoise", a déclaré M. Muller à la presse.
Il n'a pas précisé quels pays soutenaient la Chine, mais on sait que les Etats-Unis jugent également ces objectifs de limitation trop stricts. L'Inde craint aussi que les efforts pour réduire les émissions ne ralentissent sa croissance.
La Chine fait face à une pression internationale accrue alors que son économie croît fortement -11,1% de croissance au premier trimestre- et rejette de plus en plus de GES dans l'atmosphère.
Durant la réunion cette semaine, Pékin a fait campagne pour que le rapport désigne clairement les grands pays industrialisés d'Amérique du Nord et d'Europe comme les responsables du réchauffement et comme ceux devant principalement oeuvrer à la résolution du problème. "Les Chinois ne veulent pas être tenus pour responsables des conséquences futures", souligne Edward Mulbah, délégué du Liberia.
Les délégués chinois n'ont pas évoqué leur position en public, mais des écologistes estimaient jeudi que Pékin était injustement pris pour cible et faisait de gros efforts pour améliorer son efficacité énergétique et réfréner les émissions.
Stephan Singer, du Fonds mondial pour la nature (WWF), note que la Chine s'est fixée l'objectif d'améliorer son efficacité énergétique de 20% entre 2006 et 2010: "C'est un objectif très ambitieux et j'aimerais de que nombreux pays industrialisés aient le même."
Malgré les objections allemandes à la position chinoise, des délégués ont indiqué que les négociations se déroulaient sans accroc, l'examen du texte se poursuivant ligne par ligne pour aplanir d'éventuels désaccords sur la formulation. Certains ont précisé que la plupart des objections indiennes et chinoises, souvent pour supprimer des passages plutôt que de chercher à les amender, ont été surmontées jusqu'ici.
"La Chine et l'Inde ont été les gouvernements qui ont eu le plus de questions et de demandes de changements sur le texte existant", note le délégué français Michel Petit. "Mais jusqu'à présent, nous avons pu dissiper leurs inquiétudes et parvenir à un accord."
Le rapport devrait exhorter les pays à déployer un ensemble de mesures, notamment des technologies visant à réaliser des économies d'énergie, un abandon du charbon et des réformes agricoles, pour limiter la hausse des températures à deux degrés Celsius et ainsi l'impact du réchauffement.
Brûler des combustibles plus propres peut avoir des bénéfices immédiats pour la santé, permettant d'éviter des décès prématurés et aussi d'économiser de l'argent, ont souligné des experts sanitaires lors de la réunion.
Dans deux rapports publiés début février et avril, le GIEC a dépeint un tableau inquiétant de l'avenir, avec des températures qui pourraient gagner jusqu'à 6,4 degrés Celsius à l'horizon 2100. Même une hausse de "seulement" deux degrés Celsius pourrait entraîner des pénuries d'eau pour jusqu'à deux milliards de personnes d'ici 2050 et menacer d'extinction 20% à 30% des espèces dans le monde. AP
lma/v361/nc
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