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Des sources du Yang-Tsé-Kiang à l'Amazone, des glaciers de l'Himalaya au désert de Chihuahua, le réchauffement de la planète menace déjà les joyaux de la planète, selon un rapport du WWF publié jeudi en marge de la réunion du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) à Bruxelles.
Intitulé "Sauver les joyaux naturels du changement climatique", il présente dix régions qui souffrent déjà de dommages irréversibles à cause de la montée des températures. Le Fonds mondial pour la nature a monté des programmes dans ces régions.
"Tout en continuant à faire pression sur les gouvernements pour obtenir la réduction des émissions de gaz à effet de serre, nous travaillons également sur des stratégies d'adaptation pour aider à protéger ces joyaux qui font partie de notre patrimoine planétaire et à soutenir les populations qui y vivent", explique le Dr Lara Hansen, responsable du Programme sur le changement climatique au WWF. "Nous tentons par tous les moyens de gagner du temps pour que des mesures soient prises afin de stopper le changement climatique."
L'organisation de défense de l'environnement travaille ainsi dans le désert de Chihuahua, le plus grand désert d'Amérique du Nord, "l'un des plus riches du monde sur le plan de la biodiversité" avec plus de 3.500 espèces végétales et des animaux rares comme le jaguar ou l'ours noir. Mais les fleuves qui le traversent comme le Rio Grande se sont parfois asséchés au cours des dernières années, note le rapport.
En Amérique latine et aux Antilles, les tortues imbriquées risquent de disparaître. Six espèces sur sept sont "sérieusement menacées" à cause du réchauffement qui affecte leur alimentation avec la disparition des récifs coralliens.
Au Chili et en Argentine, les forêts tempérées de Valdiviennes sont exposées à la sécheresse et aux incendies. C'est dans ces forêts que vit le Fitroya, un arbre de la famille des cyprès qui peut vivre plus de 3.000 ans.
Autres merveilles menacées, les îles Sundarbans, dans le delta du Bengale, qui constituent "la dernière mangrove où vit encore la plus importante population de tigres du Bengale ainsi qu'une diversité incroyable d'espèces végétales". Déjà, souligne le WWF, les conséquences du réchauffement sont visibles, avec la montée du niveau de la mer, la salinisation des terres agricoles, une mousson plus tardive et violente et la disparition d'îles. Le WWF rappelle que d'ici 2050 ce sont un million de personnes entre l'Inde et le Bangladesh qui risquent d'être touchées par les conséquences du réchauffement.
Le WWF redoute aussi la fonte des glaciers de la chaîne himalayenne (33.000km2), source d'eau potable pour des "centaines de milliers d'habitants pendant la saison sèche" et où vivent des espèces rares et menacées comme les léopards des neiges ou les pandas rouges. La fonte des glaces risque de provoquer des inondations et débordements de lacs, puis la pénurie d'eau.
La fonte des glaciers du plateau tibétain affecte les sources du plus long fleuve d'Asie, le Yang-Tsé-Kiang. Selon une étude du WWF, "en moyenne les glaciers régressent de 10 mètres par an sur la zone est de l'Himalaya" et la région "subit déjà des changements saisonniers: orages violents, inondations sécheresses catastrophiques".
L'Amazone, le deuxième plus grand et plus long fleuve du monde, un cinquième de l'eau qui se jette dans les océans, constitue "un véritable régulateur du climat à l'échelon mondial et régional". Or un réchauffement de 2 à 3 degrés d'ici 2050 pourrait provoquer la conversion de 30 à 60% de la forêt amazonienne en savane sèche.
Le long des côtes de l'Alaska, poissons, baleines, dauphins, ours polaires et oiseaux sont menacés, et sept espèces de saumon sauvage semblent déjà en déclin dans la mer de Béring et le Pacifique nord.
Enfin en Afrique, le blanchiment des coraux, les tempêtes et la montée du niveau des océans "posent un risque" au milieu exceptionnel des côtes de la Somalie à l'Afrique du Sud, qui offrent une grande diversité de récifs coralliens, tortues... Les forêts humides des littoraux, "écosystème riche et fragile qui dépend de la régularité des pluies apportées par l'océan Indien", vont aussi souffrir. "La montée du niveau de l'eau, la multiplication de tempêtes et l'expansion du paludisme favorisées par des températures plus chaudes ajouteraient au désarroi des populations", craint le WWF. AP
sb/v/com/tl
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