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Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a entamé lundi à Paris quatre jours de débats à huis clos afin de mettre la dernière main à un rapport très attendu sur le réchauffement du climat. Montée du niveau des océans, températures en hausse... les prévisions s'annoncent d'ores et déjà sombres.
Le GIEC publiera vendredi son nouvel état des lieux sur le réchauffement. Le document devrait être à la fois plus précis et d'une portée plus large que les trois précédents rapports de cet organisme, mis sur pied par l'ONU et l'Organisation météorologique mondiale en 1988.
"A aucun moment par le passé, il n'y a eu dans le monde une telle attente" d'informations fiables sur le réchauffement, a affirmé le président du groupe Rajendra Pachauri. "Notre objectif est simple et ambitieux", a déclaré de son côté le représentant français Christian Brodhag, délégué interministériel pour le développement durable. "La mobilisation doit commencer chez nous, en France, et dans les pays industriels."
En marge de la réunion, des militants de Greenpeace ont déployé une banderole sur la Tour Eiffel proclamant "it's not too late" ("il n'est pas trop tard"), pour exhorter les dirigeants de la planète à agir contre le réchauffement.
La réunion de Paris rassemble plus de 500 experts. Le document publié vendredi sera le premier d'une série de quatre rapports du GIEC prévus cette année sur le réchauffement. "Nous espérons qu'il convaincra que le changement climatique est réel, que nous en sommes en grande partie responsables et que nous devons apporter des changements à notre mode de vie", souligne Kenneth Denman, un des auteurs du rapport.
Le GIEC publie ses évaluations tous les cinq à six ans. Jugé trop alarmiste par ses détracteurs, le GIEC, est par nature relativement prudent dans ses évaluations car se fondant sur l'apport de centaines de scientifiques, dont des sceptiques et des chercheurs du privé. En outre, il marche au consensus et ses rapports doivent être approuvés par 154 gouvernements, dont les Etats-Unis, qui n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto.
Selon M. Pachauri, le nouveau document apporte des précisions qui ne figuraient pas dans le rapport de 2001. De premières ébauches du texte dressent un tableau un peu moins alarmant que le dernier rapport du GIEC, publié en 2001, prédisant une élévation des océans moins importante que prévue initialement. Mais de nombreux scientifiques rejettent ces nouvelles estimations qui, observent-ils, ne prennent pas en compte des données récentes sur la fonte de couches de glace au Groenland et en Antarctique.
Les premières versions du rapport prévoient une hausse du niveau de la mer de 12,7 à 58 centimètres. C'est beaucoup moins que les 51 à 140 centimètres pronostiqués d'ici 2100 par une nouvelle étude publiée par la revue Science ce mois-ci. D'autres experts, comme le chercheur de la NASA James Hansen, prédisent une élévation des océans encore plus grande.
L'Indonésie a annoncé lundi que 2.000 de ses 18.000 îles pourraient être inondées d'ici 2030, et que l'archipel devrait être confronté l'an prochain à des pénuries de riz dues au changement climatique.
Alors que la température moyenne de la planète n'a jamais été aussi élevée depuis des milliers d'années et que l'hiver a été inhabituellement doux dans certaines régions du monde, la prise de conscience du problème progresse. La semaine dernière, le président américain George W. Bush a ainsi évoqué le réchauffement comme un fait établi, après avoir déclaré pendant des années qu'il n'était pas suffisamment avéré pour nécessiter des mesures. AP
lma/v310/nc
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