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Deuxième coup dur en deux jours pour Nicolas Sarkozy. Après l'annulation jeudi d'une visite dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon en raison d'une manifestation, le candidat UMP a été défié vendredi par Jean-Marie Le Pen sur la dalle d'Argenteuil, là où il ne parvient pas à retourner depuis le début de la campagne.
Les proches de M. Sarkozy se sont efforcés de minimiser la provocation du candidat du Front national. "Nous dictons nous-mêmes ce que nous voulons faire dans cette campagne. On n'a pas non plus vocation à répondre aux interpellations des autres candidats", a déclaré Xavier Bertrand.
Le porte-parole du candidat a rappelé que M. Sarkozy s'était rendu "à plusieurs centaines de reprises" dans les quartiers sensibles depuis 2002.
Au siège de campagne du candidat UMP, on notait que Jean-Marie Le Pen avait choisi le matin pour cette visite à Argenteuil (Val d'Oise), au moment où il était sûr de rencontrer peu d'habitants du quartier, alors que Nicolas Sarkozy s'était, lui, rendu le soir au Val d'Argent, le 25 octobre 2005.
Lors de cette visite mouvementée, le ministre de l'Intérieur avait promis à une habitante de la débarrasser de la "racaille". Le mot, ajouté à sa promesse de "nettoyer au Kärcher" la cité des 4.000 à La Courneuve, a contribué à brouiller M. Sarkozy avec une partie des jeunes des cités et a alimenté les émeutes de l'automne 2005. Depuis, il n'a remis que très rarement les pieds dans des quartiers sensibles.
Depuis le début de la campagne, le candidat UMP s'est contenté d'un rapide déplacement le 23 février dans une cité de Perpignan pour une rencontre avec des jeunes issus de l'immigration. Le retour sur la dalle d'Argenteuil, envisagé au début de la campagne, n'a pas eu lieu, et aucun déplacement dans les quartiers n'est prévu jusqu'au premier tour, selon un proche.
A 16 jours du premier tour, Nicolas Sarkozy, toujours en tête dans les sondages, redoute en effet de tout perdre sur un incident. "S'il y a un événement, vous en ferez toute une histoire", confiait-il le 27 mars aux journalistes qui l'accompagnaient en Provence. Le candidat UMP a affirmé être "le premier en banlieue, le premier chez les jeunes" et pensait avoir plus de retard à rattraper sur les autres candidats dans les campagnes que dans les quartiers.
La provocation de Jean-Marie Le Pen survient au lendemain de l'annulation de la visite de Nicolas Sarkozy dans une chocolaterie du quartier de la Croix-Rousse à Lyon, où il était attendu par quelques dizaines de manifestants.
Depuis le début de la campagne, c'est la première fois que le candidat UMP était contraint d'annuler une visite de terrain. L'ancien ministre de l'Intérieur a assuré que ce changement de programme n'avait rien à voir avec la manifestation et qu'il était dû au retard de son avion.
Mais son porte-parole Xavier Bertrand, qui l'accompagnait, a reconnu vendredi que cette décision était bien liée à la manifestation, organisée par la gauche selon l'UMP. "On n'a pas vocation à mettre en valeur la gauche et l'extrême gauche qui avaient préparé les choses sur place", a-t-il dit.
Pour les socialistes, l'incident est révélateur d'un candidat qui "dresse les uns contre les autres". "Le fait qu'un candidat ne puisse accéder à un territoire de la République montre à quel point ce candidat est un candidat de division, d'affrontement, et n'est pas en mesure d'être le jour venu le président de tous les Français", a commenté Jack Lang, conseiller spécial de Ségolène Royal. AP
egp/mw
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