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Les principaux syndicats de police dressent un bilan contrasté de l'action de Nicolas Sarkozy qui a passé quatre ans à la tête du ministère de l'Intérieur (2002-2004 et 2005-2007).
"Il a modernisé la police nationale en lui donnant notamment de véritables moyens", dit à l'Associated Press Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance, deuxième organisation chez les gardiens de la paix, proche de la majorité. "Son installation place Beauvau aura contribué à remobiliser les énergies et à ramener la confiance dans la profession, du moins dans un premier temps", juge dans un communiqué le Syndicat général de la police-Force ouvrière (SGP-FO), arrivé en troisième position aux élections professionnelles.
Tous reconnaissent que la loi de programmation sur la sécurité intérieure votée en 2002 et prévoyant jusqu'en 2007 la création de 6.500 emplois supplémentaires dans la police a été un véritable ballon d'oxygène. Ainsi, 1,180 milliard d'euros supplémentaires en crédits de fonctionnement et d'équipement, ainsi que 1,570 milliard d'euros pour les emplois et les mesures catégorielles ont été débloqués.
Parallèlement, la réforme des corps et carrières, qui aura amélioré l'efficacité de l'organisation hiérarchique et donné des responsabilités aux policiers en fonction de leurs grades, est également plébiscitée. "Il a fait son boulot de premier flic de France", concède Joaquin Masanet, le patron de l'UNSA Police, premier syndicat des gardiens de la paix, proche du PS. "Mais la loi Fillon sur les retraites a touché de plein fouet les policiers. La notion de dangerosité du métier n'a jamais été prise en compte", déplore-t-il à l'AP.
Certains critiquent également "la culture du résultat" imposée par le ministre avec notamment l'instauration d'une "prime" pour les fonctionnaires les plus méritants. "Elle a souvent été attribuée à la tête du client et mal comprise", regrette Dominique Aschispon, secrétaire général du Syndicat national des officiers de police (SNOP), majoritaire et classé à gauche. "Les policiers se sont vus submerger par tout un tas de paperasse et des montagnes de tableaux à remplir".
Si la création des Groupes d'intervention régionaux (GIR), réunissant policiers, gendarmes et agents du Trésor public dans la lutte contre l'économie souterraine en banlieue est vantée, l'arrêt brutal de "la police de proximité" est lui critiqué par certains. "Au lieu de la supprimer, il aurait fallu la maintenir dans les quartiers qui en ont le plus besoin et lui donner de véritables moyens", regrette M. Masanet. "Après les émeutes qui ont embrasé les banlieues en 2005, force est de constater que l'image de la police s'est fortement dégradée dans l'opinion publique, en particulier chez les jeunes", estime-t-on au SGP-FO.
En revanche, la présence musclée de Nicolas Sarkozy à la tête du ministère de l'Intérieur et ses sorties contre les magistrats aura satisfait bon nombre de fonctionnaires. "Il a toujours été présent auprès des policiers lorsqu'ils se sont faits agresser et il est venu souvent sur le terrain", salue Jean-Claude Delage. "En fin de compte, il aura imprimé sa marque comme l'avaient fait avant lui Pierre Joxe ou Charles Pasqua", résume Dominique Aschispon. AP
veg/cre/mw
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