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actu & culture


PARIS - vendredi 10 novembre 2006 à 14h38

PS: le trio de candidats referme la page des débats



C'en est fini des débats du PS: Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn ont donné jeudi soir à Toulouse le coup de sifflet final de plus de cinq semaines d'une harassante campagne interne jalonnée de six débats télévisés et militants pour les départager pour l'Elysée. A six jours du premier tour de la primaire, la "gazelle" reste archi-favorite, mais le jeu est plus que jamais ouvert.

Si fabiusiens et strauss-kahniens admettent que l'investiture de Ségolène Royal demeure le scénario le plus probable, aucun des trois camps ne s'aventure plus à prédire qu'il n'y aura qu'un tour. Depuis l'ouverture des hostilités le 3 octobre, "il y a eu un effritement", consent Jean-Louis Bianco, porte-parole de la candidate, qui note qu'il était "prévisible" et qu'elle reste "incroyablement" haut dans les sondages effectués auprès des sympathisants du PS -et non des militants.

Ses deux concurrents, eux, jugent avoir fait bouger les lignes. "Tout est ouvert" car "les sondages se trompent", certifie Laurent Fabius, fort d'un solide réseau au PS, de 22% des voix des militants sur sa motion lors du dernier congrès du PS fin 2005 et de ses talents de tribun lors des six débats. "Je pense qu'il va y avoir un second tour" et "là Laurent Fabius peut gagner", assure son bras droit, Claude Bartolone.

"Il y aura un second tour" le 23 novembre et "je m'y prépare", a également prédit DSK, qui dispute à Laurent Fabius le titre de "deuxième homme". "C'est possible de la mettre en ballottage et de la battre au second tour", renchérit Jean-Christophe Cambadélis, proche de DSK, qui admet que cet optimisme forcené repose surtout sur du ressenti. Son mentor n'a en effet jamais mesuré son poids au PS dans aucun congrès.

Signe de nervosité ou dramatisation stratégique? Dans la dernière ligne droite, les "ségolénistes" ont multiplié les appels à voter "utile" et "massivement" dès le 16 novembre. "Au premier tour, c'est mieux qu'au deuxième", a glissé celle qui reste la "Madone des sondages". Un "bourrage de crâne" qui irrite ses deux compétiteurs, qui exhortent les militants à choisir "librement" sans céder aux "pressions".

Sur le plan idéologique, ce sont trois profils qui se sont dégagés: un candidat "du pouvoir d'achat" et des "gens modestes" qui se pose en garant de l'ancrage à gauche du PS avec Laurent Fabius, dont la première mesure serait une hausse de 100 euros du Smic; une pragmatique régionalisatrice centrée sur la vie quotidienne avec Ségolène Royal, autour de la valeur de l'"ordre juste"; et un candidat "social-démocrate" qui avance des "solutions", dont une grande négociation sociale (le "pacte de l'Elysée") ou un "patrimoine de départ" pour les jeunes.

Sur la forme, celle qui avait mis en garde contre la "machine à perdre" ne s'est pas écroulée dans ces six rounds, faisant front avec plus ou moins d'aisance. Briseuse de tabous, elle a même multiplié les propositions iconoclastes: carte scolaire, "jurys citoyens", "encadrement militaire" des délinquants ou interdiction du nucléaire civil à l'Iran. Si elle a parfois dû faire machine arrière -rebaptisant ses jurys "panels" ou parlant de "camps humanitaires"-, elle a de fait occupé l'espace, contraignant ses concurrents à venir sur son terrain.

Une stratégie de communication selon certains, qui l'accusent de coller aux attentes de l'opinion. De l'improvisation pouvant mener à la "bourde" pour d'autres. Manière de s'inspirer "des choses qui marchent sur le terrain" tout en restant fidèle au projet du PS, réplique-t-elle.

Au final, la "Zapatera" a admis jeudi que les débats s'étaient "bien déroulés". Chaque détail était il est vrai millimétré, au risque de brider les échanges: interdiction de se couper la parole, interventions chronométrées, fermeture à la presse audiovisuelle des débats devant les militants à Clermont-Ferrand, Paris et Toulouse. Ce qui n'a pas empêché l'épisode houleux du meeting du Zénith, où Ségolène Royal a été huée, et une manifestation de pompiers en colère, sirènes hurlantes, à Toulouse.

Reste à savoir si ces cinq semaines auront influencé les 219.000 militants, à commencer par les 68.000 nouveaux dont l'attitude est la grande inconnue du scrutin. Pour l'entourage de DSK, Ségolène Royal est apparue "instable". Féroce, Laurent Fabius n'a pas hésité à l'accuser de "populisme", de "blairisme" ou de faire "le lit de l'extrême droite".

Il reste moins d'une semaine aux trois prétendants pour battre campagne, chacun dans leur coin, dans les médias et fédérations-clés. DSK sera en région parisienne dimanche, Laurent Fabius dans les Bouches-du-Rhône lundi et dans son fief de Seine-Maritime mercredi. Hyperactive, Ségolène Royal tiendra trois meetings à Paris lundi, en Poitou-Charentes mardi et à Nantes mercredi. AP

sch/tl




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