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actu & culture


PARIS - jeudi 17 juillet 2008 à 19h02

Institutions: suspense maximal à quatre jours du Congrès



Les dés sont jetés pour la réforme des institutions. Dans la foulée de l'adoption en deuxième lecture du texte par le Sénat, Nicolas Sarkozy a convoqué jeudi l'ensemble du Parlement en Congrès lundi à Versailles, sans être assuré d'obtenir la majorité requise des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

"C'est du 50/50", a confirmé le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, interrogé jeudi dans le cadre du "talk Orange-Le Figaro". "Rien n'est sûr à cette heure", a-t-il ajouté, estimant qu'il y avait "un risque que ça échoue".

La "grande majorité" des 18 parlementaires radicaux de gauche voteront la réforme, a confirmé leur président Jean-Michel Baylet.

Nicolas Sarkozy ne peut désormais plus reculer. Tôt jeudi, le Sénat a adopté la révision constitutionnelle en deuxième lecture, sans modifier le texte issu des travaux de l'Assemblée. Ce vote conforme a permis au chef de l'Etat de convoquer formellement les députés et sénateurs à se rendre lundi après-midi dans l'hémicycle de l'aile du Midi du château de Versailles pour se prononcer définitivement sur le projet de loi constitutionnelle. Le décret de convocation lu aux députés jeudi matin précise que la réunion débutera à 15h30.

Contrairement à Georges Pompidou, qui avait renoncé au Congrès en 1973 sur le quinquennat, faute d'avoir réuni les trois cinquièmes, ou à Jacques Chirac en 2000, qui avait fait de même sur la réforme de la justice, Nicolas Sarkozy a pris le risque d'un échec, qui serait un cinglant revers pour lui.

Le scrutin se jouera à quelques voix. Du côté des "pour", la grande majorité des parlementaires UMP: 295 députés sur 317 et 153 sénateurs sur 159 ont approuvé le texte en première et en deuxième lecture. Ils devraient être rejoints à Versailles par la quasi-totalité des 24 députés Nouveau centre et des 30 sénateurs centristes.

Ces derniers se sont encore abstenus en deuxième lecture, mais leur chef de file Michel Mercier a laissé entendre qu'ils voteraient "pour" lundi au Congrès. "Nous ne voulons pas jouer cette réforme à qui perd gagne", a dit le sénateur du Rhône, en remerciant le gouvernement d'avoir "un peu ouvert la porte". Pour amadouer les centristes, le gouvernement a accepté un amendement selon lequel "la loi garantit les expressions pluralistes des opinions". Les centristes espèrent que cet amendement débouchera sur l'introduction d'une dose de proportionnelle pour l'élection des députés.

Nicolas Sarkozy peut aussi compter sur la "grande majorité" des 18 radicaux de gauche, a confirmé jeudi leur président Jean-Michel Baylet. Deux PRG, Christiane Taubira et Chantal Robin-Rodrigo, ont toutefois fait part de leur intention de voter contre et un troisième, Gérard Delfau, a voté contre au Sénat.

Ces renforts restent insuffisants pour franchir la barre des trois cinquièmes, compte tenu du vote contre de l'ensemble des socialistes -à la seule exception de Jack Lang-, des communistes, des Verts, des cinq parlementaires du Mouvement pour la France (MPF), du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, ainsi que de François Bayrou et de sa poignée de fidèles. "Je ne voterai pas ce faux-semblant", a confirmé jeudi le président du MoDem.

Le sort de la réforme dépend de l'attitude des 18 députés UMP et des cinq sénateurs qui n'ont pas approuvé le texte lors des premiers votes. Les quelque 10 députés et sénateurs toujours déterminés à voter contre ont été soumis ces derniers jours à une pression maximale de l'Elysée. Certains y ont cédé, comme Bernard Debré, qui a finalement fait savoir qu'il votait pour. D'autres résistent, comme le chiraco-villepiniste Hervé Mariton. "A ce stade, c'est non", a-t-il confié, tout en ajoutant que "rien n'est définitif" tant que le bulletin ne sera pas dans l'urne.

Signe de l'inquiétude qui règne dans la majorité, Jean-François Copé a écrit jeudi à tous les députés UMP pour les inviter "solennellement" à voter la révision. "Pour mieux servir la France, saisissons ensemble cette chance unique de redonner un nouveau souffle au Parlement", écrit le président du groupe, faisant valoir qu'un échec "assombrira tout le bilan de cette première année de législature". M. Copé demande à ceux qui ont des doutes de "ne pas hésiter" à lui en faire part. AP

egp/co/mw




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