Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
Fadela Amara salue une décision "excellente" et "légitime" après la confirmation fin juin par le Conseil d'Etat d'un décret refusant l'acquisition de la nationalité française à une Marocaine musulmane qui porte la burqa.
Dans un entretien accordé mercredi au quotidien "Le Parisien/Aujourd'hui en France", la secrétaire d'Etat à la Ville va plus loin en précisant qu'elle n'est "pas favorable au port du voile, qui n'est pas un signe religieux mais, comme la burqa, un signe d'oppression des femmes".
Fadela Amara se déclare néanmoins opposée au vote d'une loi ciblant spécifiquement le port de la burqa puisque "l'arsenal juridique actuel suffit largement".
"Il ne faut pas sous-estimer l'impact d'une décision de justice ou d'une loi", prévient l'ancienne présidente de Ni Putes Ni Soumises car "grâce à la loi de 2004 sur la laïcité interdisant les signes religieux à l'école, on a sauvé des centaines de filles!".
"La burqa, c'est une prison, une camisole de force, ce n'est pas un signe religieux, mais le signe visible d'un projet politique totalitariste prônant l'inégalité des sexes et qui porte en soi l'absence totale de démocratie", affirme la secrétaire d'Etat à la Ville.
Dans sa décision rendue le 27 juin dernier, le Conseil d'Etat note que si la requérante, mariée à un Français depuis 2000, "possède une bonne maîtrise de la langue, elle a cependant adopté une pratique radicale de sa religion, incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française et notamment avec le principe d'égalité des sexes".
La commissaire du gouvernement avait fait remarquer que le couple se présentait "spontanément comme salafistes" et que la femme s'était rendue plusieurs fois à des entretiens en préfecture vêtue d'une longue robe, entièrement voilée et le visage dissimulé par une pièce de tissu ne laissant voir que ses yeux.
Dans un communiqué diffusé mercredi par le président du Conseil français du culte musulman Mohammed Moussaoui, le CFCM "considère que cet arrêt d'espèce, dont les éléments de fait semblent particuliers, ne doit en aucun cas être le prétexte pour stigmatiser les musulmans de France ou mettre à l'index la pratique religieuse musulmane en se focalisant sur ses manifestations les plus visibles".
Le CFCM estime que le Conseil d'Etat "ne précise pas ce qu'est 'une pratique radicale de sa religion'". "S'agit-il d'un comportement social incompatible avec 'les valeurs essentielles de la communauté française' ou plus particulièrement avec 'le principe de l'égalité des sexes'", demande-t-il. "S'agissant de l'un ou de l'autre, ce n'est sans doute pas la pratique religieuse en tant que telle qui est mise en cause".
"Le CFCM fidèle à sa vocation et à son attachement aux valeurs républicaines rejette toute forme d'extrémismes et de stigmatisations qui empêchent la composante musulmane de la communauté nationale de vivre sa spiritualité dans la paix et la sérénité", conclut le communiqué. AP
sm/jp/sb
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|