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Nicolas Sarkozy a indiqué mardi devant les députés UMP réunis à l'Elysée qu'il "n'était pas favorable à un changement de mode de scrutin pour les élections régionales", a déclaré le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer.
"Le président de la République a annoncé qu'il n'était pas favorable à un changement de mode de scrutin pour les élections régionales", a-t-il dit. "Je ne prendrai pas la responsabilité de changer le mode de scrutin", a également dit le chef de l'Etat, selon un autre participant.
Nicolas Sarkozy a taclé l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui avait modifié le mode de scrutin avant les régionales de 2004. "Jean-Pierre Raffarin en 2004 avait essayé, ça n'avait pas été concluant", a-t-il remarqué. Les élections avaient tourné à la Berezina pour la droite, avec 20 régions perdues sur 22. "Ce n'est pas le mode de scrutin qui fait gagner ou perdre une élection".
En mars, le Premier ministre François Fillon s'était dit favorable "à titre personnel" à une réforme du mode de scrutin pour les régionales. L'abandon de ce projet par Nicolas Sarkozy est une petite ouverture en direction de la gauche à six jours de la réunion du congrès sur la réforme des institutions.
Nicolas Sarkozy a en revanche confirmé son intention de "lancer le débat" début 2009 sur l'enchevêtrement des niveaux de collectivités locales, régions, départements, structures intercommunales, communes.
Le chef de l'Etat a aussi mis en garde les députés de la majorité qui ne voteraient pas la réforme des institutions lors du congrès lundi prochain: "les votes qui s'exprimeront contre compteront le triple", a-t-il dit selon M. Accoyer. Une allusion à la règle du scrabble du "mot compte triple", selon le député UMP Benoist Apparu.
Nicolas Sarkozy a exhorté les députés UMP, dont une dizaine restent réticents, à voter la réforme. "Si on passe la réforme, tout le bilan du gouvernement sera positif", leur a-t-il dit, toujours selon des participants. "Si cette réforme passe, comme en 1958 ou en 1962, vous pourrez dire: j'y étais". Il a même comparé le congrès de Versailles au baccalauréat: "il vaut mieux partir en vacances après avoir réussi le bac"
Il a affirmé que la réforme n'était pas faite que pour lui: "cette réforme, il n'y a pas que moi qui en profiterai, moi je resterai président de la République". Mais il n'a fait aucune ouverture supplémentaire: "on a fait le plus de compromis possible".
Ces arguments n'ont pas convaincu les parlementaires décidés à voter contre la réforme. "Quand j'ai décidé quelque chose en mon âme et conscience, je vais au bout de mes convictions", a réagi Jacques Myard. Le député gaulliste devait être à nouveau reçu par M. Sarkozy en fin d'après-midi. AP
egp/co/sb
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