Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
Jean-Marc Ayrault sort vainqueur de son duel avec Arnaud Montebourg. L'inamovible président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale a été réélu confortablement mardi lors d'un vote qui a donné un avant-goût de l'affrontement annoncé au congrès de novembre à Reims.
Le chef de file des députés socialistes, qui remettait son mandat en jeu un an après sa réélection dans la foulée des législatives de 2007, a obtenu 120 voix contre 57 pour son rival. Huit bulletins nuls ont été enregistrés.
"Ce qui a gagné, c'est une certaine idée du fonctionnement du groupe parlementaire, qui n'est pas soumis aux aléas de congrès", s'est félicité M. Ayrault après le vote.
Le député-maire de Nantes, à la tête du groupe socialiste depuis 1997, a vu dans cette réélection pour un nouveau mandat d'un an "l'adhésion à une méthode", celle du travail collectif.
"Il n'y a pas d'homme providentiel. Ce qui est important, c'est qu'on joue collectif. La bataille contre la droite, contre le système Sarkozy, est particulièrement rude", a-t-il noté. "Les députés socialistes dans leur très grande majorité ont souhaité rester unis et forts". M. Ayrault n'a pas précisé si M. Montebourg allait rester premier vice-président du groupe.
Le Premier secrétaire du PS François Hollande, qui soutenait Jean-Marc Ayrault en compagnie des amis de Bertrand Delanoë et de Ségolène Royal, a salué le "choix de la cohésion, de la cohérence et de la solidarité".
De son côté, Arnaud Montebourg, qui s'était lancé jeudi dernier à la surprise générale à l'assaut de la présidence du groupe, a vu dans son score une "étape" dans le renouvellement du PS. "C'est une belle étape, il y en aura d'autres", a lancé le bouillant député de Saône-et-Loire pour qui, "tôt ou tard, la question de la mutation et du renouvellement du Parti socialiste sera sur la table".
Tout en jurant que sa démarche ne s'inscrivait "pas du tout" dans la préparation du congrès, M. Montebourg, soutenu par la plupart des "reconstructeurs" (amis de Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry), a ajouté que la question du renouvellement serait posée lors du rendez-vous de novembre à Reims. Déjà candidat il y a un an, Arnaud Montebourg avait recueilli 30 voix au premier tour, contre 78 pour Jean-Marc Ayrault.
Ses partisans n'ont pas caché leur déception. "Il y a le syndicat des intérêts acquis et de l'immobilisme et ceux qui veulent bouger", a jugé Yves Durand. Le député du Nord a mis en cause le vote par correspondance utilisé pour faire voter les nombreux députés absents en cette période de session extraordinaire: "on n'a jamais voté par correspondance dans ce parti, même pour le Premier secrétaire".
Quel que soit leur vote, beaucoup de députés socialistes s'interrogeaient sur l'opportunité d'un tel étalage de divisions en cette fin de session parlementaire surchargée de textes importants. "S'il y avait eu un vote sur le report, il y aurait eu une majorité", a observé Germinal Peiro (Dordogne). Une ancienne ministre, soutien du président du groupe, ne mâchait pas ses mots: "Ayrault aurait pu s'abstenir de faire ça début juillet. Dès qu'il y a une connerie à faire, on la fait". AP
egp/mw
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|