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C'est une jeune mère qui sourit au peintre. Passée au crible du scanner laser 3D du Centre national de recherches du Canada (CNRC), la Joconde a livré quelques secrets: la plus importante étude jamais réalisée sur le célèbre tableau révèle que Mona Lisa porte une robe de femme enceinte ou venant d'accoucher et que Léonard de Vinci l'avait d'abord représentée avec un chignon et un bonnet.
Le CNRC a dévoilé mardi les conclusions de l'étude scientifique menée conjointement avec le Conseil de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF). En octobre 2004, à la demande du C2RMF, que des chercheurs du CNRC s'étaient rendus à Paris afin de numériser la Joconde à l'aide du scanner laser 3D du CNRC, pour obtenir des images tridimensionnelles à haute définition de l'ensemble de l'oeuvre.
Première découverte, selon Bruno Mottin, conservateur au département de recherche du C2RMF, Léonard de Vinci avait peint Mona Lisa avec les cheveux retenus en un chignon recouvert d'un bonnet avant de changer d'idée et de la représenter les cheveux libres.
Mona Lisa était la jeune épouse d'un marchand de soie de Florence, explique M. Mottin. Or ce sont les jeunes filles célibataires ou celles de moeurs légères qui portaient généralement les cheveux libres.
L'autre découverte concerne les vêtements de la jeune femme. Elle porte un voile de gaze, par-dessus sa robe modeste, qui s'attache à l'encolure du corsage.
"C'est une robe typique que portaient au début du XVIe siècle les femmes enceintes ou qui venaient d'accoucher", précise M. Mottin. "Le tableau a été fait pour commémorer la naissance du deuxième fils de Mona Lisa, qui sourit légèrement. Il est une quintessence du travail de Léonard de Vinci qui voulait représenter la vie".
Le maître aimait tellement ce tableau qu'il ne s'en est jamais départi, ajoute le conservateur. C'est à sa mort, en France, que François 1er l'a acquis.
Plus de sept millions de visiteurs viennent annuellement admirer le chef d'oeuvre de Vinci, le point de mire du Louvre à Paris.
Le scanner, capable de numériser des images 3D d'une résolution en profondeur de 10 micromètres, soit environ un dixième du diamètre d'un cheveu humain, a fourni plusieurs perspectives uniques du portrait, qui aideront les curateurs et conservateurs dans leur étude du chef-d'oeuvre de 500 ans.
La nouvelle technologie permet en effet d'observer des détails qui ne sont pas visibles, souvent cachés par le vernis. "Le scanner 3D permet d'explorer les moindres recoins du tableau sans le toucher, ni l'abîmer contrairement à d'autres technique", ajoute le conservateur.
Pourquoi La Joconde? Simplement parce qu'on avait l'intention de la déplacer dans une vitrine climatisée et que ce déménagement était peut-être une dernière chance d'approfondir le tableau, explique M. Mottin.
Seulement deux autres études s'étaient déjà penchées sur le mythique tableau, en 1930 et 1952, souvent avec des moyens de fortune, ajoute-t-il. "La Joconde souffre de sa trop grande popularité. Elle n'a jamais eu le temps d'être vraiment étudiée parce qu'on ne peut pas la décrocher pendant longtemps".
L'équipe de recherche canadienne n'a eu que deux nuits et une journée, pendant les heures de fermeture du Louvre, pour effectuer tous les éléments de la recherche dans un laboratoire du C2RMF, sous haute surveillance, a expliqué François Blais, chercheur principal du CNRC.
Les chercheurs ont pu constater que le panneau de bois est sensible à la température et aux variations climatiques mais que la peinture ne risque pas de dégradation si elle est bien entreposée. Quant à la fissure de 12cm sur la moitié supérieure du tableau, causée par le retrait du cadre original entre le milieu du XVIIIe et du début du XIXe siècle, elle semble être stabilisée. AP
cpf/sb
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