Rechercher iFrance
Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID :
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


PARIS - lundi 07 juillet 2008 à 12h00

"Hancock": je ne suis pas un héros



Comme Balavoine, il pourrait chanter qu'il n'est pas un héros et que ses faux pas lui collent à la peau. Will Smith joue un antihéros non conventionnel, à la fois superpuissant et très vulnérable, pathétique mais sympathique, dans le film "Hancock" (ce mercredi sur les écrans français).

Comme Superman, Spider-Man, Hulk ou n'importe lequel des X-Men, Hancock a des superpouvoirs qui lui viennent d'on ne sait où (lui-même n'en sait rien): il vole dans les airs, a une force surnaturelle, possède des sens développés à l'extrême, résiste aux projectiles et aux explosions. Bref, il est immortel.

Ces capacités extraterrestres lui ont permis de sauver des milliers de vies à Los Angeles. Mais, à chaque fois, les dégâts collatéraux monstrueux qu'il provoque l'ont rendu impopulaire. Il est détesté par la population, qui ne supporte plus son manque de discernement, sa vulgarité, ses manières grossières, son sale caractère.

Alcoolique, négligé, irascible, vivant dans une minable roulotte dans le désert, Hancock est un paria de la société. Qui continue, bon gré mal gré, à sauver des vies humaines. Mais continue à être méprisé, hué, rejeté. Un super-héros devenu super-zéro.

Jusqu'au jour où il sauve d'un accident de train un jeune spécialiste des relations publiques, Ray (Jason Bateman). Là encore, l'intervention de Hancock provoque une pagaille monstre, des accidents de voiture, un mécontentement général. Ray trouve étonnante et surtout très injuste la réaction de la foule à l'égard de son sauveur, qu'il décide donc d'aider.

En bon psychologue qui connaît bien l'opinion publique et les médias, Ray prend en main Hancock, lui apprend les bonnes manières, le persuade de faire des excuses publiques et d'affronter la justice pour les nombreuses plaintes déposées contre lui. Tout cela ne plaît que modérément à la femme de Ray, Mary (Charlize Theron), qui se méfie de ce super-héros déchu que son époux veut remettre sur le droit chemin.

Hancock se plie donc à la justice des hommes, est condamné, accepte d'aller en prison et fait amende honorable. Au bout de deux semaines, cependant, le taux de criminalité a fortement progressé et le chef de la police de Los Angeles décide de faire appel à Hancock pour dénouer un hold-up sanglant dans une banque avec prise d'otages...

Original pour un film d'action et d'effets spéciaux mettant en scène un super-héros, le scénario de "Hancock" fait aussi preuve d'humour et de sensibilité. Il ne s'agit plus ici de sauver le monde en danger mais de sauver un homme en pleine déchéance, fût-il doté de pouvoirs surnaturels. Faire partie d'un groupe, apprendre à communiquer avec les autres, s'aimer pour être aimé: Hancock va apprendre les bases du comportement humain.

En outre, un rebondissement inattendu dans l'histoire -qu'on se gardera bien de révéler- relance le film au bout d'une heure et lui donne un tout autre intérêt, une autre dimension.

L'idée de départ n'est pas sans rappeler celle de "Mafia Blues", où le psy Billy Crystal aidait le mafieux Robert De Niro à se sentir mieux dans sa peau. Répliques drôles et moments d'émotion alternent ici aussi pour donner un film qui, tout en restant spectaculaire, renouvelle agréablement le genre.

Will Smith, Charlize Theron et Jason Bateman (qui jouait le mari de Jennifer Garner dans "Juno") sont impeccables dans ce film de Peter Berg, réalisateur notamment du "Royaume". Après "Hancock", c'est sûr, vous ne regarderez plus les super-héros du même oeil. AP

med/mw




Rechercher #iFrance#