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actu & culture


PARIS - vendredi 27 juin 2008 à 20h02

Mode masculine: vent nouveau chez Mugler, Morishita baroudeur et Mille et une nuits chez Kenzo


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Nombreux temps forts vendredi à Paris lors des défilés de mode masculine printemps/été 2009. Un vent nouveau a soufflé sur la collection Thierry Mugler, dont Rosemary Rodriguez a repris les rênes en début d'année, tandis que l'esprit aviateur a dominé chez Kiminori Morishita, quand Kenzo revisitait les fastes des Mille et une nuits.

Chez Thierry Mugler, avec le retour ovationné mais cette fois comme directrice artistique, la styliste franco-espagnole Rosemary Rodriguez renoue avec les codes de la marque. Elle les étend, de "l'élegance formelle" aux tenues de soirée ou au sporstwear.

Partant d'une silhouette à la fois athlétique et étirée: le cou, les épaules et le buste soulignant les modèles. Ici, une incrustation suit la ligne d'un muscle. Là, d'amples kimonos d'intérieur, indigo flashy ou noir, s'opposent à de sages vestes structurées à col Mao et boutonnage masqué. La styliste renforce la base du vestiaire Mugler d'incontournables trench-coats, de coupe-vent et parkas, et y ajoutent quelques pièces empruntées au vêtement de travail, à la combinaison ou au "baggy".

Les détails empruntés à ces styles se montrent: renforts, boutons-pression et fermetures ajourées foisonnent. Côté coloris, blancs immaculés ou bleus électriques font leur retour, de même que l'orange, le violet et l'indigo. Ces couleurs se déclinent en matières légères, dont le coton, le lin et la soie. A noter la forte présence de l'accessoire depuis les chaussures - derbys, loafers ou boots - proposées en cuir tricolore, jusqu'aux cravates, sur lesquelles brille à nouveau la fameuse étoile Mugler.

Pour le Japonais Kiminori Morishita, largement inspiré par Saint-Exupéry, l'homme peut être baroudeur, poète et sensible. Du coup sa silhouette est tout en graduations, nuancés et mélanges de couleurs.

Coiffés de casque aviateur, ses modèles sont en haut-de-chausses s'arrêtant à la cheville, portés sous des pantacourts. Prêt pour le vol et les conquêtes, Morishita ose la veste tricotée main combinant sept fils de nature et épaisseur différentes (coton, lin, soie).

D'autres tissus mêlent ortie, lin et coton indien. Un lin également traité au spray, façon "wax". Téméraires mais délicats, ses modèles optent pour de rassurantes ceintures, en fait des harnais de parachute tombant sur les hanches. Ils se protègent, sait-on jamais, de gilets de survie multi-poches portés tel des boléros.

Chez Kenzo, dont l'atelier de création interne signe cette collection, la marque soigne autant l'emballage que le produit. Un souk oriental où flottent, suspendus dans les airs, une multitude de tapis persans sert d'écrin à un conte des Mille et une nuits.

Larges chemises de cotonnade diaphane, larges shorts cousus main, gilets trops larges et "tops" en jersey à capuches donnent le la.

Les chemises sont des drappés multi-étoffes ou se font arachnéennes, d'un blanc pâle où s'incrustent des fleurs. Une bouillonnante tunique blanche qu'éclaire un gros boutonnage doré, alterne avec une veste cintrée, taillée d'une seule pièce de tissu comme au temps de Shéhérazade. Les couvre-chefs sont d'élégants drapés de soie enserrant la tête.

Frôlant l'éxubérance, sans jamais l'atteindre, la collection se décline en couleurs aux tons chatoyants. Magenta, émeraude, ocre, turquoise, bleu des mers du Sud ou or bruni illuminent les matières. Madras, tissages artisanaux ou brocards, quand les broderies foisonnent, comme pour les vestes à col Nehru, où se cohabitent en parfaite harmonie, panneaux brodés et sequins d'or. AP

xrao/cov/mw




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