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Il fut un temps où il suffisait de raconter une histoire de conte de fées pour attiser les fantasmes des jeunes filles romantiques. Ça commençait par "Il était une fois...", finissait par "Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants" et le tour était joué. Mais les temps ont bien changé et les comédies guimauves aussi...Dans la foulée de la révolution romantique, de "Quatre mariages et un enterrement" au "Journal de Bridget Jones", en passant par "Love, actually", voici "Un jour, peut-être..." (sortie mercredi dans les salles en France).
Ecrit et réalisé par Alan Brooks, cet adorable petit film réussit trois tours de force: il crée un véritable suspense autour de la femme idéale, incarnée tour à tour par trois personnages féminins; il déroule son intrigue sentimentale dans la sphère politique, celle des campagnes électorales des années Clinton; enfin il campe son histoire sur la vie d'un homme, père et divorcé de surcroit, avec des péripéties qui se prolongent sur une dizaine d'années. Bref, à part son titre mièvre et qui plus est mal traduit (de l'anglais "Definitely, maybe", soit "A coup sûr, peut-être..."), le film d'Alan Brooks évite la plupart des clichés du genre: une vraie bouffée d'air frais pour démarrer l'été.
Will Hayes (Ryan Reynolds) est un publicitaire new-yorkais d'une trentaine d'années: autrefois, il était marié, mais aujourd'hui, il se retrouve en pleine divorce. Alors il vit malheureux sauf quand il garde sa fille de 11 ans, Maya (Abigail Breslin). Lors d'une soirée en compagnie de son père, Maya se met en tête de découvrir le passé amoureux de son papa, avant qu'il ne soit marié. Elle veut savoir comment ses parents se sont rencontrés et comment ils sont tombés amoureux.
Pour sa fille, Will accepte de raconter son histoire, ses histoires... Tout commence en 1992 alors qu'il n'était encore qu'un jeune politicien idéaliste qui débarquait de son Wisconsin natal à New York pour travailler sur la campagne présidentielle de Clinton. Will découvre la grande ville et les rouages de la politique. Il tombe aussi amoureux, à plusieurs reprises...
A travers ses péripéties de travail, ses amitiés, ses rencontres de bureaux et de bars, il raconte à sa fille ses trois grandes histoires d'amour. Mais pas n'importe comment. Sous forme de puzzle. Les prénoms sont changés, les identités cachées. Il y a eu la blonde Émilie (Elizabeth Banks), son amour de lycée; la rousse April (Isla Fisher), sa meilleure amie et confidente de toujours, et la brune Summer (Rachel Weisz), une jeune journaliste ambitieuse qui croise son chemin par hasard à Manhattan. A Maya de deviner qui des trois est sa mère.
Le premier charme de ce scénario est qu'il se déroule à New York, entre 1992 et 2008. "Il existe une grande tradition de films dont l'histoire s'étale sur une longue période de temps. Ce que j'aime en eux, c'est que l'on s'attache aux personnages justement parce que l'histoire se déroule durant une bonne partie de leur vie", souligne Alan Brooks. Et ça marche: on s'attache à Will, ce jeune homme paumé, cet alter ego masculin de Bridget Jones, qui passe son temps à croire qu'il a trouvé l'amour. On s'attache aussi à ses ravissantes amies, en particulier à Rachel Weisz qui illumine l'écran à chacune de ses apparitions.
Le couple qu'elle forme avec son professeur de littérature, alcoolique et de trente ans son aîné, Hampton Roth alias Kevin Kline, est une autre des excellentes idées du film. Tout comme le contexte politique: les sulfureuses années Clinton, qui donnent lieu à de délicieux rappels d'un passé pas si lointain: les déboires sexuels de Bill Clinton et les premiers pas de George W. Bush en politique. A savourer en pleine période électorale américaine, sans compter l'arrivée de l'été, saison romantique par excellence... AP
med/cov/cr
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