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Le président équatorien Rafael Correa a remporté une importante victoire politique dimanche lors du référendum sur la convocation d'une assemblée constituante pour réformer les institutions, approuvée à une grande majorité selon un sondage sortie des urnes.
Une enquête de l'agence CEDATOS-Gallup indiquait que 78,1% des électeurs ont approuvé la mesure, qui devrait notamment déboucher sur une réforme des prérogatives du pouvoir législatif, alors que 11,5% l'ont rejetée et que 10,4% ont versé un vote nul ou blanc. Ce sondage portait sur 40.000 électeurs sur l'ensemble du territoire et présentait une marge d'erreur de plus ou moins deux points de pourcentage. Les résultats officiels ne seront pas publiés avant dans cinq jours.
Les réformes envisagées par M. Correa consisteront notamment à limiter les pouvoirs du Congrès, qui a démis trois présidents ces dernières dix années, tout en violant les procédures constitutionnelles, et que le président de gauche, élu en novembre dernier, a qualifié d'"égout de corruption".
M. Correa jouit d'une cote de popularité avoisinant les 70%, et de très nombreux électeurs espèrent qu'une nouvelle constitution apportera des améliorations positives à leur vie quotidienne. Les sondages avant le référendum de dimanche indiquaient qu'une majorité de la population soutiendrait la proposition du président.
"Une victoire historique a été remportée aujourd'hui, mais de nombreuses batailles restent à gagner", a déclaré M. Correa, visiblement ravi, lors d'une conférence de presse après le scrutin. "L'avenir était en jeu. La mère patrie était en jeu".
"La peur est derrière nous", a-t-il déclaré en référence aux "vielles mafias", le terme qu'il emploie pour la classe politique équatorienne, qui a mené campagne pour le "non". Ses opposants ont accusé M. Correa de vouloir abandonner le dollar américain comme devise officielle, ce que le président a de nouveau démenti dimanche.
M. Correa, âgé de 44 ans, a été élu avec une promesse de rendre le pouvoir au peuple, en réduisant notamment les prérogatives du Congrès. L'expert en droit constitutionnel Miguel Macias a déclaré dimanche à l'Associated Press que l'Equateur possède un "système présidentiel en théorie, mais en pratique, c'est le Congrès qui dirige le pays".
Mais les opposants de M. Correa craignent qu'il ne prenne le contrôle du Congrès et finisse par s'arroger des pouvoirs dictatoriaux. Ils se disent inquiets de son style de plus en plus autoritaire, qui leur rappelle son allié et homologue vénézuélien, Hugo Chavez.
Le président vénézuélien a pour sa part souhaité bonne chance au peuple équatorien dimanche, félicitant M. Correa "d'avoir saisi le socialisme du 21e siècle et l'appel à une assemblée constituante avec courage et bravoure". AP
mgh/v479/501
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