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actu & culture


NATIONS UNIES - mardi 10 avril 2007 à 14h36

Bilan mitigé pour les 100 jours de Ban Ki-moon à l'ONU


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De son propre aveu, les cent premiers jours de Ban Ki-moon au poste de secrétaire général des Nations unies n'ont pas été une lune de miel: le successeur de Kofi Annan a beaucoup voyagé, fait quelques faux pas mais réussi à attirer l'attention sur le Darfour.

Trois mois après avoir pris la tête de l'ONU, Ban Ki-moon tente toujours de maîtriser ses fonctions de haut diplomate, tout en dirigeant une gigantesque administration au sein de laquelle 192 pays ont des intérêts parfois divergents. "Comme note pour les cent premiers jours, je lui donnerais un A+ pour l'effort, et un 'peut mieux faire' pour le contenu", observe l'ancien ambassadeur américain aux Nations unies John Bolton.

Se qualifiant lui-même "de faiseur d'harmonie et de bâtisseur de ponts", l'ancien ministre sud-coréen des Affaires étrangères est arrivé aux Nations unies en promettant de relancer les processus de paix au Darfour et au Proche-Orient, et de rétablir la réputation de l'ONU, sévèrement entachée par le scandale "pétrole-contre-nourriture" et l'affaire d'abus sexuels perpétrés par des Casques bleus.

Pour Edward Luck, directeur du Centre des organisations internationales à l'Université de Columbia, "il devra définir son mandat de manière plus franche à l'avenir". "Mais personnellement, je ne pense pas que cela soit une chose à faire pendant ses cent premiers jours", poursuit-il. Et d'estimer que Ban Ki-moon a été beaucoup plus franc sur certaines questions qu'on ne le pense.

Ainsi, le secrétaire général de l'ONU n'a pas hésité à évoquer le génocide au Darfour avec le président soudanais Omar el-Béchir. Il lui a également rappelé qu'il devait respecter sa promesse d'accepter une force de maintien de la paix, composée de Casques bleus et de soldats de l'Union africaine, explique Edward Luck. Il a par ailleurs déclaré au président américain George W. Bush qu'il voulait mettre l'accent sur le changement climatique.

Mais Ban Ki-moon a connu des premiers jours difficiles. Le 2 janvier, il a semé le trouble en ne réaffirmant pas l'opposition de l'ONU à la peine de mort après l'exécution de Saddam Hussein. Au lieu de cela, il a souligné que "la question de la peine capitale reste la décision de chacun des pays membres". Le lendemain, sa porte-parole assurait qu'il était convaincu de la nécessité pour les Etats-membres d'avancer sur la voie de l'abolition.

Ban Ki-moon a fait part de son intention de réconcilier pays riches et pays pauvres, ces derniers ayant combattu certains aspects du programme de réformes de Kofi Annan, et de mettre en place un personnel mobile, dynamique et responsable, capable de relever les défis du XXIe siècle. Mais il lui a fallu batailler plus de deux mois pour obtenir des 192 membres de l'Assemblée générale le feu vert pour scinder en deux le département des opérations de maintien de la paix, surchargé, et réformer celui du désarmement.

"Il a démontré qu'il était un secrétaire général très dynamique", estime Edward Luck. "Il analyse la situation sous différents angles , voit ce qui est possible (...) et rappelle aux gens que souvent il existe une option onusienne qu'ils n'ont pas envisagée."

Fin janvier, le secrétaire général s'est rendu en Afrique. Il a notamment participé à un sommet de l'Union africaine à Addis Abeba, où il a tenté, sans succès, de convaincre Omar el-Béchir d'accepter la force hybride ONU-UA. En mars, en chemin pour le sommet de la Ligue arabe à Riyad, il a effectué une visite-surprise en Irak.

Lee Feinstein, du Conseil sur les relations internationales à Washington, estime que les 50 derniers jours de M. Ban "ont été meilleurs que les (50) premiers. Il a pris la bonne décision en utilisant son énergie à la recherche de résultats au Darfour". "On peut se demander si la diplomatie de la patience est la meilleure voie, mais il fait manifestement un effort important", estime M. Feinstein. "Ban travaille en coulisses alors qu'Annan utilisait sa tribune." AP

ir/v129/st




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