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L'organisation Reporters sans frontières s'est dite "profondément déçue" mardi par la décision des autorités congolaises d'expulser lundi l'envoyée spéciale de Radio France Internationale (RFI), Ghislaine Dupont.
"Il est navrant de devoir rappeler que le choix des envoyés spéciaux n'appartient pas aux autorités, mais aux seules rédactions. L'intransigeance du gouvernement congolais, qui a utilisé des prétextes infondés pour motiver sa décision, est incompréhensible", souligne RSF dans un communiqué.
Lundi soir, Ghislaine Dupont a embarqué à Kinshasa à bord d'un vol pour Bruxelles, après que la Direction générale des renseignements et services spéciaux (DGRS) de la police congolaise lui a notifié son expulsion du territoire congolais.
RSF précise qu'installée en République démocratique du Congo (RDC) depuis avril avec un visa de travail de journaliste, Ghislaine Dupont n'avait jamais reçu l'accréditation réclamée par le ministère de la Presse et de l'Information. Elle était cependant détentrice d'une accréditation délivrée par la Mission des Nations unies au Congo (MONUC) et, comme d'autres journalistes occidentaux en RDC, dans l'attente de la décision du ministère, elle avait commencé à couvrir la campagne électorale, entamée le 29 juin.
"Les conditions de délivrance des accréditations par le ministère de la Presse et de l'Information sont aléatoires", observe l'ONG de défense de la liberté de la presse. "Les services compétents perçoivent des commissions en liquide qui varient selon les journalistes et peuvent aller d'une quinzaine à plusieurs centaines de dollars. Le reçu qui leur est fourni (...) est une feuille volante, sans cachet ou nom de fonctionnaire, et sans aucune valeur juridique."
Ghislaine Dupont, qui couvre l'actualité de la RDC depuis plusieurs années, avait été la cible en mars d'une violente lettre de protestation du ministre de la Presse et de l'Information, rappelle le communiqué de RSF. Henri Mova Sakanyi avait "comparé RFI à la Radiotélévision libre des mille collines (RTLM), la station des génocidaires hutus rwandais". AP
tl/com
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