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Le ton est encore monté vendredi en Equateur entre le nouveau président de gauche Rafael Correa et la justice. Le tribunal constitutionnel a prévenu le chef de l'Etat qu'il se placerait dans l'illégalité en passant outre son avis sur la constitutionnalité du référendum national sur la convocation d'une Assemblée constituante.
M. Correa a prévenu qu'il ne respecterait pas une décision s'opposant à la tenue le 15 avril de cette consultation destinée à limiter le pouvoir de la classe politique, à laquelle il impute les problèmes de corruption et d'instabilité politique du pays. M. Correa, 43 ans, qui a pris ses fonctions le 15 janvier, est le huitième président en dix ans. C'est un admirateur du président vénézuélien Hugo Chavez.
Mercredi, le tribunal électoral suprême a limogé 57 députés parce que, s'opposant au référendum qu'ils jugent anticonstitutionnel, ils avaient appelé à la destitution des quatre des sept membres du tribunal électoral ayant approuvé le projet présidentiel.
Le tribunal constitutionnel, saisi par le Congrès, doit se prononcer sur la légalité de la consultation, mais Rafael Correa estime qu'il ne possède aucune autorité en la matière et qu'il est "dominé par les partis politiques". "Quand un citoyen ne tient pas compte du jugement du tribunal constitutionnel, c'est un délit", a prévenu le président de cette instance, Santiago Velasquez.
Le Congrès monocaméral, qualifié d'"égout de corruption" par le président, a approuvé le référendum le mois dernier en stipulant que la chambre de 130 représentants n'aurait pas le pouvoir de limoger des députés ou autres responsables élus l'année dernière. M. Correa est passé outre et le tribunal électoral a approuvé sa requête donnant tout pouvoir au Congrès pour renvoyer un responsable élu.
Jeudi, des dizaines de policiers cernaient le bâtiment du Congrès pour empêcher l'entrée des 57 députés limogés. La chambre n'a pu se réunir, faute d'atteindre le quorum de 51 présents.
Pour le député de l'opposition Carlos Larreategui, l'Equateur "commence à ressembler à une dictature".
Les dix journaux les plus importants du pays ont publié une tribune vendredi critiquant la volonté d'affrontement du président Correa et l'exhortant à respecter "la loi, à rechercher l'unité nationale, à ne pas interpréter arbitrairement la Constitution (...) et à ne pas provoquer division et affrontements entre les Equatoriens". AP
st/v709
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