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Malgré les critiques, Jacques Chirac a défendu jeudi son bilan africain lors de la cérémonie d'ouverture du 24e sommet France-Afrique à Cannes. "Pour la France, l'Afrique ne sera jamais un partenaire comme un autre (...) Depuis 12 ans, j'ai tenu à ce (qu'elle) accompagne les évolutions du continent dans un esprit nouveau", a affirmé le président français.
"Tous les dispositifs français de coopération, civile et militaire, ont été rénovés", a-t-il expliqué. Et l'aide publique au développement (APD) a été "doublée" depuis quatre ans.
Jacques Chirac a revendiqué ses liens personnels, "tissés de longue date", avec nombre de chefs d'Etat africains, pas tous démocrates. "J'aime l'Afrique, ses territoires, ses peuples, ses cultures. Je mesure ses besoins, je comprends ses aspirations."
"Vous avez su apporter à la relation Afrique-France une touche personnelle faite de chaleur humaine" et "d'attention", lui a lancé le président malien Amadou Touré. "Nous allons le regretter", a déclaré mercredi soir le président du Burkina Faso Blaise Compaoré au sujet de son homologue français. "C'était quand même un homme qui avait beaucoup de passion pour l'Afrique" et "qui portait beaucoup d'intérêt à nos préoccupations."
Jacques Chirac a justifié jeudi les interventions militaires françaises en Afrique: "la France respecte et continuera de respecter les accords de défense qui la lient à plusieurs pays africains" et "là où l'Afrique et la communauté internationale le demanderont, elle continuera à prendre toutes ses responsabilités", a-t-il assuré.
La candidate socialiste à l'élection présidentielle, Ségolène Royal, s'est, elle, prononcée pour une "clarification" et "si besoin" une "renégociation" de certains de ces accords.
"La stabilité, c'est également veiller à l'intégrité territoriale", a plaidé Jacques Chirac, justifiant ainsi un appui militaire contesté aux régimes tchadien ou centrafricain.
Toutefois, "l'expérience enseigne que la stabilité des Etats dépend avant tout du calendrier démocratique et de la régularité des élections", a noté le président français. "Les crises prennent souvent naissance dans des scrutins discutables, qui entachent la légitimité du nouvel élu". Dès lors, "il faut renforcer l'Etat de droit".
Dans la délégation française, on s'agaçait des critiques sur la "Françafrique" chiraquienne, qualifiée de "mythe", ou de "vision totalement périmée". Reste qu'aux côtés de Jacques Chirac étaient notamment assis jeudi le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, qui "maintient en détention, depuis 18 mois, une vingtaine de directeurs de journaux", ou le président d'Erythrée Isaias Afwerki, dans les prisons duquel "croupissent, depuis septembre 2001, des centaines de prisonniers politiques", rappelait le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF) Robert Ménard, dans une tribune publiée dans "Le Monde" daté de jeudi.
Etait aussi présent à Cannes le président de Djibouti Ismaïl Omar Guelleh. Convoqué comme témoin par la juge d'instruction parisienne chargée de l'enquête sur la mort du magistrat français Bernard Borrel en 1995 à Djibouti, il ne sera pas être inquiété, immunité oblige.
Alors que s'achève le mandat de Jacques Chirac, "l'Afrique commence à être entourée, voire courtisée", s'est félicité celui qui se "bat depuis des années pour qu'on lui accorde davantage d'attention". "Voilà à peine 20 ans, plus d'une dizaine de foyers de crise étaient allumés à travers le continent", a-t-il rappelé. "Aujourd'hui, la démocratie s'installe et que de conflits résolus!". De même, "un mouvement s'amplifie pour le respect des droits de l'Homme, la bonne gestion des affaires publiques."
Au moment où la Chine a fait une entrée en force sur ce continent, Jacques Chirac a toutefois mis en garde contre "la facilité du court terme et les égoïsmes": "l'Afrique peut une nouvelle fois être mise au pillage, laissée pour compte de la prospérité", même si "rien n'est joué". "Le continent détient le tiers des réserves minérales de la planète". Ce "trésor (...) ne doit être ni pillé, ni bradé".
"Il semble que vous quittiez cette position de haute responsabilité dans un avenir très proche", a avancé jeudi l'ancien Premier ministre japonais Yoshiro Mori dans une allusion à la fin du mandat de Jacques Chirac. Et de souhaiter, que "après votre retraite, vous restiez leader dans ce domaine" africain. AP
co/cov/st
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