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actu & culture


CONAKRY, Guinée - dimanche 28 janvier 2007 à 02h41

Guinée: les syndicats mettent fin à la grève générale



Les dirigeants syndicalistes ont annoncé tôt dimanche la fin de la grève générale qui paralysait la Guinée Conakry depuis plus de deux semaines et a provoqué des affrontements avec les forces de l'ordre dans lesquels au moins 60 personnes sont mortes.

Les syndicats ont mis un terme à la grève suite à un accord conclu avec le gouvernement.

Vendredi, des responsables impliqués dans les négociations avaient déclaré que le président contesté du pays, Lansana Conté, avait accepté de nommer un nouveau Premier ministre aux pouvoirs accrus, accédant ainsi aux demandes des grévistes.

Le dirigeant d'un des deux plus importants syndicats guinéens, Ibrahima Fofana, a annoncé l'accord avec le gouvernement lors d'une allocution radiodiffusée dimanche. Selon lui, le président a également accepté une baisse des prix de certaines marchandises primordiales, dont le riz et le carburant, qui avaient connu une hausse marquée ces derniers mois. La présidence n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Des manifestations lundi ont été le point culminant d'une grève générale entamée le 10 janvier, paralysant l'activité économique du pays, avec la fermeture du principal port, des rues désertes et des commerçants fermant leurs boutiques. Selon des chiffres du ministère de la Santé, au moins 59 personnes sont mortes sous les coups de feu des forces de l'ordre lundi, et 233 autres ont été blessées.

Les syndicalistes avaient d'abord exigé la démission du président Conté, mais ont fait marche arrière et l'ont exhorté à nommer un Premier ministre aux pouvoirs accrus.

L'éventuelle nomination d'un nouveau Premier ministre serait la première depuis le renvoi du dernier chef du gouvernement, Cellou Dalein Diallo, en avril 2006.

Le dirigeant syndicaliste Fofana a précisé que la grève n'était pour l'instant que "suspendue", laissant entendre qu'elle pourrait reprendre si M. Conté ne nomme pas un Premier ministre conformément à ses engagements.

La constitution ne prévoit pas de poste de Premier ministre, mais permet au président de déléguer certains pouvoirs. Depuis le coup d'Etat militaire qui le porta à la présidence en 1984, M. Conté a nommé trois Premier ministres.

Ces chefs de gouvernements ont jouit de pouvoirs très limités. L'accord de vendredi octroie cependant pour la première fois au Premier ministre l'autorité de nommer et de renvoyer des ministres, ainsi que des ambassadeurs et autres hauts fonctionnaires. Le président garde toutefois le pouvoir de se séparer de son Premier ministre. AP

mgh/v47




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