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actu & culture


MINSK - dimanche 14 janvier 2007 à 15h43

Les électeurs biélorusses élisent leurs conseillers locaux dans un contexte tendu



Les électeurs biélorusses étaient appelés aux urnes dimanche pour des élections locales perçues comme un test pour le régime autoritaire d'Alexandre Loukachenko après la crise autour des prix du pétrole avec le voisin russe du pays.

L'opposition, dont l'un des dirigeants a annoncé son retrait de la course, estimant qu'ils ne pouvaient concourir équitablement, a affirmé que les élections se déroulaient sous important contrôle officiel et a prédit des fraudes massives.

Mais le scrutin reste une occasion rare de communiquer directement avec les électeurs. Sous le régime d'Alexandre Loukachenko, la télévision est contrôlée par l'Etat et peu de médias indépendants sont autorisés. Environ sept millions de personnes sont appelées à désigner les membres de leurs 1.581 conseils locaux. Les bureaux de vote ferment à 18hGMT et les résultats sont attendus lundi.

Le président s'en est pris dimanche à la Russie, cible également de la télévision publique. "Ils pensaient pouvoir mettre un noeud autour du cou de Loukachenko et obtenir tout ce qu'ils voulaient. Cela n'a pas fonctionné", a-t-il lancé en votant à Minsk. Il a redit "non" à la proposition du Kremlin d'intégrer le Bélarus dans la Russie. "Je ne veux pas abandonner notre souveraineté et indépendance".

Le principal chef de l'opposition, Alexandre Milinkevitch, a sous-entendu que les élections ne pouvaient pas refléter correctement l'opinion publique, soutenant qu'elles étaient organisées "sous la pression colossale des autorités" et pourraient être truquées. Seuls 200 candidats de l'opposition participent à l'élection de 22.500 conseillers locaux. Mais M. Milinkevitch a précisé que l'opposition allait utiliser le scrutin pour informer les électeurs de "la situation dangereuse dans laquelle Loukachenko a placé le Bélarus".

La Russie a levé cette semaine une interruption de 72 heures de ses exportations de pétrole via le Bélarus, qui a perturbé les approvisionnements vers l'Europe. L'économie biélorusse dépend largement des importations énergétiques russes.

La crise a éclaté lorsque Moscou a imposé à Minsk une taxe de 180 dollars (135 euros) par tonne de pétrole achetée, à quoi le Bélarus a répliqué en exigeant 45 dollars (34 euros) par tonne pour le transit de pétrole à destination des autres clients. Peu avant le Nouvel an, Minsk avait accepté de payer deux fois plus cher son gaz naturel d'origine russe, pour éviter une suspension des approvisionnements.

Le Bélarus est déjà confronté à des sanctions européennes et américaines imposées pour protester contre les abus des droits de l'Homme. Alexandre Loukachenko, qui a été réélu pour un troisième mandat l'an dernier avec plus de 82% des votes lors d'un scrutin jugé illégitime par des observateurs étrangers, a réprimé les opposants au régime avant le scrutin, selon les militants des droits de l'Homme.

Les forces de sécurité ont interpellé ou brièvement placé en détention plusieurs centaines de militants de l'opposition pendant la campagne électorale, y compris ses dirigeants, selon le Comité Helsinki de Biélorussie. "Loukachenko est aujourd'hui dans une situation dangereuse et utilise la force pour tenter d'étouffer tout signe de mécontentement", estime Oleg Goulak, chef de l'organisation. AP

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