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actu & culture


AMMAN - dimanche 07 janvier 2007 à 13h38

Des proches incarcérés de Saddam pleurent son exécution et craignent pour la leur



Quatre des principaux responsables emprisonnés du régime de Saddam Hussein, dont deux sont également condamnés à mort, ont pleuré l'exécution leur ancien raïs, a raconté dimanche leur avocat.

Selon Issam Ghazaoui, Barzan Ibrahim, demi-frère de Saddam et ancien chef du renseignement, et Awad Hamed al-Bandar, qui dirigeait le tribunal révolutionnaire irakien, tous deux également condamnés à mort, ont été déménagés de leurs cellules quelques heures avant l'exécution de Saddam, et on leur a dit de rédiger leur testament.

Selon Jaafar al-Mousawi, procureur général du procès de Doujaïl, la date de l'exécution des deux hommes "sera déterminée par le gouvernement". Mais aucune date n'est encore fixée.

Après la polémique qui a entouré l'exécution de Saddam Hussein et les conditions choquantes dans lesquelles elle a eu lieu, des appels se sont multipliés pour que Bagdad s'abstienne de procéder aux exécutions suivantes. Dimanche, le nouveau secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a écrit à l'ambassadeur d'Irak auprès de l'ONU réclamant l'arrêt suspensif de l'exécution de "ceux dont les sentences de mort pourraient être exécutées dans un futur proche".

Tous deux, ainsi que Taha Yassin Ramadan et Tarek Aziz, sont "en mauvais état, attristés par la nouvelle de la mort du président Saddam Hussein", a dit l'avocat, qui a rencontré séparément ses clients mercredi dernier, dans un lieu de détention non-précisé. "Ils pleuraient et m'ont fait pleurer avec eux. Ils craignent pour leur propre sort après l'exécution du président".

Ibrahim et al-Bandar ont été condamnés à mort en même temps que Saddam Hussein pour l'exécution de 150 chiites à Doujaïl en 1982. Ils auraient dû être tués avec lui le 30 décembre, mais leur exécution a été reportée à après les fêtes de l'Aïd.

Les deux hommes ont cru qu'on allait les tuer samedi dernier, après avoir été transférés dans la nuit. Mais ils ont été ramenés dans leurs cellules neuf heures plus tard.

Ramadan, l'ancien vice-président, est lui condamné à la prison à perpétuité. Quant à Tarek Aziz, ancien chef de la diplomatie, il est à ce jour détenu sans inculpation ni jugement.

Al-Bandar aurait "souhaité être exécuté" en même temps de Saddam, se considérant "privé de l'honneur d'être exécuté avec le président", a raconté l'avocat. Quant à Ibrahim "il était celui qui était dans le pire état. Il n'arrêtait pas de pleurer la mort de son frère, parlant d'une grande perte pour la famille et le monde arabe".

Quant à Tarek Aziz, sa santé s'est gravement détériorée, et selon Ghazawi, il n'est pas correctement soigné. Lui aussi a pleuré, et déclaré qu'ils "ont assassiné l'Irak, pas seulement Saddam". "Une partie de moi est morte", a-t-il dit à l'avocat, avant d'ajouter: "si je suis libéré, je parlerai au monde du véritable Saddam". AP

nc/v




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