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actu & culture


BAGDAD - dimanche 31 decembre 2006 à 13h36

Saddam Hussein inhumé dans son village natal d'Aouja


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Moins de 24 heures après son exécution, Saddam Hussein a retrouvé dimanche son village natal d'Aouja, où quelque 2.000 Irakiens se sont rassemblés pour rendre hommage au dictateur déchu, inhumé peu avant l'aube.

Quelques dizaines de proches seulement, certains en larmes, ont assisté à sa mise en terre dans un mausolée érigé dans le centre du village, proche de Takrit, le bastion de l'ancien raïs situé à 130 kilomètres au nord de Bagdad. Il repose désormais non loin du cimetière où se trouvent ses deux fils Oudaï et Qoussaï, tués à Mossoul lors d'un accrochage avec les forces américaines en juillet 2003.

Les autorités irakiennes souhaitaient initialement que l'ancien raïs soit inhumé secrètement dans une tombe anonyme afin de prévenir tout pèlerinage. Mais, selon la chaîne Al-Arabiya, il en a été décidé autrement après des négociations entre le gouvernement, des responsables américains et une délégation comprenant le gouverneur de la province de Salahouddine et le chef du clan des Albou-Nassir auquel appartenait Saddam Hussein.

Dans les heures qui ont suivi l'enterrement, des centaines d'Irakiens ont afflué dans le village de l'ancien dictateur. Certains se sont agenouillés devant sa tombe, recouverte d'un drapeau irakien. A côté, une grande photographie de Saddam Hussein a été installée sur une chaise.

"Je condamne la façon dont il a été exécuté et je la considère comme un crime", a commenté Salam Hassan al-Nasseri, un membre du clan de Saddam Hussein âgé de 45 ans. "La voie du nationalisme arabe est inévitablement couverte de sang", a ajouté Mohammed Natik, un étudiant de 24 ans. "Dieu a décidé que Saddam Hussein devait avoir une telle fin, mais la voie qu'il suivait ne s'arrêtera pas".

Samedi, les forces de l'ordre avaient interdit les entrées et les sorties de Takrit, quelques heures après l'exécution du dictateur. Malgré ces mesures de sécurité, des hommes en armes sont descendus dans la rue, brandissant des portraits de Saddam et appelant à la vengeance. Oum Abdallah, une enseignante sunnite, a affirmé qu'elle s'habillerait en noir en signe de deuil après la mort du fils chéri de Takrit. "Saddam restera un héros à nos yeux", a-t-elle dit. "J'ai quatre enfants et je leur apprendrai à se venger des Américains".

Il n'y avait cependant aucun signe d'un regain de violence de la part des sunnites en Irak après cette pendaison. Si deux attentats à la bombe et plusieurs exécutions ont fait 92 victimes samedi, ce bilan est proche de la moyenne.

Saddam Hussein, 69 ans, a été exécuté samedi avant l'aube à Bagdad par pendaison. Il avait été condamné à mort pour crimes contre l'humanité commis lors du massacre de 148 chiites à Doujaïl en 1982. Il avait fui Bagdad en 2003 devant l'avancée des forces d'invasion américano-britanniques et avait été capturé par les troupes américaines le 13 décembre de la même année. Il se terrait alors dans le sous-sol d'une ferme des environs d'Aoujal. AP

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