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La Tunisie a exprimé samedi "son profond regret" que Saddam Hussein ait été exécuté le jour de l'Aïd El Adha (ou Aïd El Kébir) et a souhaité que "le peuple irakien frère" parvienne à "la réconciliation nationale".
Dans un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères, la Tunisie considère que l'exécution de Saddam Hussein, "en ce jour, est une grave atteinte aux sentiments des peuples musulmans, au moment où ils célèbrent une fête religieuse sacrée".
Elle "forme l'espoir que cette exécution n'entraînera pas une escalade de la tension et de la violence et que le peuple irakien frère parviendra à réaliser la réconciliation nationale, dans le cadre de l'entente et de la concorde".
La réaction de la rue était similaire. De nombreus Tunisiens réprouvaient la date choisie pour l'exécution.
"Je suis loin de porter Saddam dans mon coeur pour les souffrances qu'il a fait endurer à son peuple, mais je perçois cette décision comme une offense aux musulmans", a déploré Naceur B.O, cadre dans une entreprise publique.
"Pourquoi ne pas avoir attendu quelques jours? Qu'est-ce que ça aurait changé?", s'interroge-t-il en se disant persuadé que l'exécution a été ordonnée "sciemment" par Washington à un gouvernement irakien "aux ordres".
Dans un communiqué publié la veille de la mise à mort du président irakien déchu, le Parti démocratique progressiste (PDP) a, de son côté, dénoncé "la précipitation de l'administration occupante (américaine) à exécuter ce verdict criminel".
Qualifiant le procès de Saddam Hussein de "mascarade judiciaire", il accuse les auteurs de la sentence d'être animés d'un "esprit de vengeance", en ignorant tous les appels émanant des organisations des droits de l'Homme, des Nations unies, de l'Union européenne, de partis et de personnalités internationales hostiles à la peine de mort. AP
bb/cb
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