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actu & culture


BAGDAD - mercredi 27 decembre 2006 à 18h44

Saddam Hussein appelle les Irakiens à ne pas "haïr" les envahisseurs


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Saddam Hussein exhorte les Irakiens à ne pas haïr les envahisseurs de leur pays, dans un message diffusé mercredi en son nom sur Internet, alors que son ancien parti, Baas, dissous, menace sur le même site d'attaquer les intérêts américains dans le monde si l'ex-dictateur condamné à mort pour le massacre de Doujaïl est pendu.

"Je vous exhorte à ne pas haïr car la haine ne permet pas d'être juste; elle rend aveugle et ferme toutes les portes de la pensée", déclare Saddam Hussein dans le communiqué publié sur un site Web connu pour représenter le Baas. "Je vous appelle également à ne pas haïr les ressortissants des autres pays qui nous ont attaqués et ont séparé le peuple de ceux qui le gouvernent."

A Amman, en Jordanie, un membre de son équipe juridique, Issam Ghazzawi, a confirmé à l'Associated Press l'authenticité de la missive, écrite selon lui par Saddam Hussein le 5 novembre, jour de sa condamnation à la peine capitale pour le massacre de 148 chiites en 1982.

L'ancien président irakien est actuellement détenu à Camp Cropper, une prison militaire américaine proche de l'aéroport de Bagdad. Les responsables militaires américains n'ont pas précisé s'il serait remis aux Irakiens en prévision de son exécution.

La justice a décidé mardi en appel que Saddam Hussein devait être pendu sous 30 jours mais l'incertitude régnait à Bagdad sur la nécessité ou non d'obtenir pour cela la signature du président Jalal Talabani et de ses deux vice-présidents, ce qui pourrait retarder l'échéance. Le porte-parole présidentiel Hiwa Osman a déclaré que la justice préciserait la procédure à suivre.

De son côté, Richard Decker, de l'organisation internationale Human Rights Watch qui a sévèrement critiqué le déroulement chaotique du procès de Saddam Hussein, évoquait une "réelle confusion" à propos du dépositaire de l'autorité habilité à "ratifier la peine capitale".

Nombre d'Irakiens de la majorité chiite souhaitent la mort de l'ex-président qui les a opprimés mais la communauté sunnite considère que son procès n'a pas été juste, et les Kurdes aimeraient aller jusqu'au bout du son deuxième procès de Saddam Hussein, pour le génocide de quelque 180.000 Kurdes lors de l'Opération Anfal de répression en 1987-88. Mais une partie de la population craint aussi que l'exécution du condamné n'alimente la spirale de la violence entre chiites et sunnites. La journée de mercredi a pourtant été moins meurtrière que d'autres, malgré un attentat à la voiture piégée qui a tué huit civils à Bagdad, selon la police.

Et tandis que Saddam Hussein appelle au calme, son parti, sur le même site Web, brandit au contraire la menace de représailles. "Le Baas et la résistance sont déterminés à se venger, par tous les moyens et partout, à nuire à l'Amérique et à ses intérêts si (ce) crime" -la pendaison de l'ex-raïs- est commis, prévient-on.

Les avocats de Saddam Hussein, basés à Amman, ont appelé les gouvernements arabes et les Nations unies à intervenir pour empêcher l'exécution du dictateur déchu. L'un de ses conseils, Najib al-Noueimi, estime qu'il est temps pour la famille de l'ancien dictateur d'"en appeler à la clémence" du président Talabani. AP

cr/v/st




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