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Rafael Correa, économiste de gauche se réclamant du président vénézuélien Hugo Chavez, semblait avoir remporté le second tour de l'élection présidentielle en Equateur contre le milliardaire pro-américain Alfredo Noboa, selon un décompte officieux réalisé par une organisation citoyenne et deux sondages à la sortie des urnes dimanche soir.
Une victoire de Rafael Correa, qui a menacé de réduire les paiements de la dette étrangères de l'Equateur et de s'opposer aux accords de libre échange, accentuerait encore le virement à gauche du continent latino-américain. Mais son rival, le magnat de la banane Alfredo Noboa n'a pas voulu reconnaître sa défaite dimanche soir, déclarant qu'il attendrait les résultats officiels -qui pourraient ne pas être disponibles avant mardi matin.
Initialement prévus pour dimanche minuit, des résultats partiels significatifs ne seront pas disponibles avant lundi matin, ont déclaré des responsables électoraux.
Mais un décompte réalisé par l'organisation de surveillance électorale Participacion Ciudadana plaçait Rafael Correa en tête avec 56,9% des voix, contre 43,1% pour son adversaire. Ces résultats officieux sont basés sur des échantillons de bulletins provenant de 1.607 bureaux de vote (sur plus de 36.000 au total) et reflétant 80% du territoire équatorien, selon cette organisation, qui revendiquait une marge d'erreur inférieure à un point.
D'après un sondage CEDATOS-Gallup, Rafael Correa, 43 ans, a obtenu 56,8% des voix contre 43,2% à Alfredo Noboa. L'enquête a été effectuée auprès de 40.000 électeurs dans 21 des 22 provinces du petit pays d'Amérique du Sud, avec une marge d'erreur de deux points. Un autre sondage de l'institut Market crédite Correa de 58% des suffrages, contre 42% à son adversaire. Soixante-quinze mille électeurs ont été interrogés dans les 22 provinces, avec une marge d'erreur de deux points.
Les sondages avant le scrutin prédisaient un résultat plus serré, donnant les deux hommes au coude-à-coude. Les bureaux de vote ont fermé à 17h heure locale (22h GMT).
"Nous recevons ce très grand honneur que nous ont fait le peuple équatorien avec une sérénité profonde, un espoir profond", a déclaré M. Correa lors d'une conférence de presse où les journalistes l'interrogeaient déjà en vainqueur.
M. Noboa a cependant dit attendre le résultat final, lors d'un entretien télévisé.
"Je sais en mon for intérieur que j'ai gagné", a-t-il déclaré.
Noboa, 56 ans (Parti rénovateur indépendant-Action nationale, PRIAN), est l'homme le plus riche du pays, roi de la banane dont l'Equateur est le premier exportateur mondial. Il est favorable à la signature d'un accord de libre-échange avec les Etats-Unis et au développement de la manne pétrolière.
Face à lui, le charismatique Correa (Allianza PAIS), 43 ans, est un nouveau venu pourfendeur de la "partidocracia". Il prône des réformes radicales pour nettoyer une classe politique corrompue et insensible aux besoins du pays, dont les trois-quarts des habitants sont pauvres.
Lors du premier tour, le 15 octobre, Correa avait été devancé sur le fil par Noboa, qui était arrivé en tête des 13 candidats avec 27% des voix, contre 23% au candidat de gauche.
Dimanche matin, Correa s'est dit une nouvelle fois préoccupé par les risques de fraudes de la part du camp adverse, craignant de possibles changements de bulletins lors du transfert des urnes entre les bureaux de vote et les sites de dépouillement. Le candidat d'Allianza PAIS se dit prêt à accepter une défaite propre mais, a-t-il prévenu, "si elle est frauduleuse, nous ne l'accepterons jamais".
Après une dégringolade dans les sondages, Correa a réussi à remonter la pente entre les deux tours, à tel point qu'un ultime sondage Cedatos-Gallup publié samedi le donnait vainqueur du second tour avec 44% des voix, contre 38% à Noboa, et 18% d'indécis. Toutefois, la marge d'erreur de trois points laissait envisager un second tour serré.
Le vainqueur de cette élection deviendra le neuvième président de l'Equateur, l'un des pays les plus pauvres du continent, en seulement 10 ans. Sur les huit précédents, trois ont été contraints à quitter leurs fonctions à la suite de manifestations de rues. AP
sop-nc/v0236/ll/v0481/mgh/v0513
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