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actu & culture


LE CAIRE - jeudi 09 novembre 2006 à 19h16

Hosni Moubarak met en garde contre une exécution de Saddam Hussein



Le président égyptien Hosni Moubarak a brisé jeudi le silence malaisé observé par la plupart des dirigeants des pays arabes après la condamnation à mort de Saddam Hussein, estimant que l'exécution de l'ex-dictateur irakien ne ferait qu'aggraver la violence en Irak.

Poids lourd du Proche-orient et allié des Etats-Unis, Moubarak, qui ne cesse de s'inquiéter de voir le conflit irakien s'étendre à la région, a estimé jeudi, dans des commentaires rapportés par les quotidiens officiels égyptiens que "l'exécution de ce verdict fera exploser la violence en cascades en Irak".

Le verdict "transformera l'Irak en mares de sang et provoquera une aggravation des conflits sectaires et ethniques", a ajouté le président égyptien. Ce commentaire est le plus important dans le monde arabe à ce jour depuis la condamnation à mort par pendaison de Saddam Hussein dimanche par le tribunal spécial irakien.

Saddam, qui a fait appel de cette condamnation dans l'affaire du massacre de chiites à Doujaïl, est également jugé pour génocide pour l'opération Anfal, le massacre de plus de 180.000 Kurdes irakiens à la fin des années 80.

Nouri al-Maliki, le Premier ministre irakien a dit espérer que la sentence puisse être exécutée d'ici un mois, avant la fin de l'année.

Les dirigeants d'Arabie saoudite, de Libye et de Syrie sont restés muets sur cette condamnation, la Jordanie se refusant à commenter ce qui est une "affaire intérieure irakienne", selon un porte-parole gouvernemental.

Pour nombre de dirigeants de la région, le long procès de Saddam et son verdict a été un choc, estime le politologue égyptien Diaa Rashwan. "Nous avons déjà vu des dirigeants se faire assassiner, mais jamais devant des juges dans le monde arabe". "Notre conception des dirigeants politiques est basée sur l'immense autorité qu'on les dirigeants arabes, leurs interminables séjours au pouvoir, leur cohésion", ajoute la sociologue et éditorialiste libanaise Dalal el-Bizri. Pour elle, "quel que soit son niveau de despotisme, le dirigeant devient le symbole de son pays, voire son synonyme". AP

nc/v




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