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NATIONS UNIES/KABOUL - samedi 07 novembre 2009 à 09h21

Afghanistan: le Conseil de sécurité reconnaît sans enthousiasme le résultat de l'élection présidentielle


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Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est contenté de "reconnaître" le résultat de l'élection présidentielle afghane, entachée de fraudes massives, tandis que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon faisait état d'une situation politique "délicate" dans le pays et appelait le président réélu Hamid Karzaï à combattre la corruption avec détermination.

Mais le gouvernement afghan ne semblait pas disposé à se faire dicter sa politique par la communauté internationale. Ainsi, samedi, l'administration Karzaï s'en est pris personnellement au représentant de l'ONU sur place en lui reprochant d'être sorti de son rôle sur la question de la corruption et a accusé "certains pays étrangers" d'ingérence dans les affaires intérieures de l'Afghanistan.

Dans un communiqué peu enthousiaste publié vendredi soir, le Conseil de sécurité de l'ONU ne s'est pas félicité de la réélection du président Karzaï -formule habituelle dans ces circonstances- mais a simplement "reconnu" l'issue d'un processus électoral chaotique par lequel le sortant a été déclaré vainqueur après l'annulation du second tour pour cause de retrait de son seul rival.

Lors d'une séance à huis clos du Conseil de sécurité, Ban Ki-moon a fait le compte rendu de sa récente visite en Afghanistan et a confirmé de graves irrégularités lors du premier tour. "Clairement, les récentes élections ont été gravement entachées", a déclaré le patron de l'ONU. "Il est évident que la situation politique reste délicate."

A l'instar de plusieurs pays occidentaux, tels les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, le Conseil de sécurité a appelé à son tour l'administration Karzaï à intensifier ses efforts pour lutter contre la corruption. Lors de sa récente rencontre avec le président réélu, M. Ban a lui aussi "fermement souligné la nécessité d'avoir une bonne gouvernance dans le pays et de prendre toutes les mesures déterminées pour lutter contre la corruption", a-t-il dit.

Toutefois, samedi, l'administration Karzaï a réagi en accusant le représentant de l'ONU sur place de manquer d'impartialité et "certains pays étrangers" de s'immiscer dans les affaires intérieures de l'Afghanistan.

Dans un communiqué, le ministère afghan des Affaires étrangères a estimé que le représentant de l'ONU dans le pays, le diplomate norvégien Kai Eide, avait "fait des déclarations qui outrepassent les normes internationales et son autorité de représentant d'une organisation impartiale".

Jeudi, M. Eide avait appelé le gouvernement afghan à s'engager sur la voie de "réformes significatives" et avait prévenu que le soutien militaire et financier de la communauté internationale pourrait être remis en cause si les autorités ne s'attaquaient pas à la corruption et à l'influence des chefs de guerre et des puissances régionales au sein de l'administration afghane.

"Au cours des derniers jours, des cercles politiques et diplomatiques et des agences de propagande de certains pays étrangers sont intervenus dans les affaires étrangères de l'Afghanistan en donnant des instructions concernant la composition des organes gouvernementaux afghans et la politique de l'Afghanistan", dénonce le ministère. "De telles instructions violent le respect de la souveraineté nationale de l'Afghanistan."

Vendredi, le Premier ministre britannique Gordon Brown s'en est pris vivement à l'administration Karzaï en lui reprochant de ne pas agir contre la corruption. "Je ne suis pas disposé à mettre en danger la vie d'hommes et de femmes britanniques pour un gouvernement qui ne se dresse pas contre la corruption", avait-il dénoncé. AP

sop/v124-107




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