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actu & culture


FORT HOOD, Texas - samedi 07 novembre 2009 à 11h44

Le suspect de la tuerie de Fort Hood a fait des adieux méthodiques


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Avant son départ prévu pour l'Afghanistan, le commandant Nidal Malik Hasan a nettoyé son appartement, donné ses brocolis à une voisine et en a appelé un autre pour le remercier de son amitié; des courtoisies de routine pour un soldat en partance. Puis il est allé tuer 13 personnes à Fort Hood (Texas).

Les enquêteurs ont depuis ouvert son ordinateur, fouillé sa poubelle et son appartement pour comprendre son mode opératoire. Hasan est quant à lui dans le coma, avec quatre blessures par balles. Les autorités hospitalières sont réservées sur ses chances de survie.

Agé de 39 ans, ce psychiatre militaire d'origine palestinienne est un tissu de contradictions: un homme poli, mais qui bouillait de mécontentement, un conseiller qui avait lui-même besoin d'un suivi psychologique, un guérisseur maintenant soupçonné d'avoir détruit ceux qu'il devait aider.

Ses proches disent de lui qu'il était harcelé pour sa foi musulmane, mais sans épouser les thèses des fondamentalistes. Ou peut-être que si, les avis divergent. Un de ses camarades de classe assure qu'il a un jour exposé que la guerre contre le terrorisme était une croisade contre l'Islam.

Les enquêteurs tentent de comprendre pourquoi Hasan a abattu des coreligionnaires, le pire cas de violence meurtrière survenu sur une base militaire aux Etats-Unis. Le massacre a eu lieu sur un site où 300 soldats désarmés attendaient en ligne de se faire vacciner ou tester pour la vue.

Certains soldats pensent l'avoir entendu crier "Allah Akbar" (Dieu est grand), avant d'ouvrir le feu, d'après le général Bob Cone commandant la base.

Sa famille a dénoncé ces actes qui ne s'inscrivent pas dans la ligne des enseignements que leur fils avait reçu. "Notre famille partage la peine des familles des victimes de la tragédie", a affirmé Nader Hasan, son cousin de Virginie. "Nous sommes mortifiés par ce qui s'est déroulé, sans justification aucune. Nous nous demandons encore ce qui s'est produit, et la réponse est simple: nous ne savons pas."

Les trente blessés dispersés dans des hôpitaux du centre du Texas présentent encore pour certains de "réels risques", selon Roy Smithe, chirurgien en chef à l'Hôpital Memorial Scott & White. Huit autres personnes sont traitées pour traumatisme et stress.

Selon le colonel John Rossi, 23 personnes restaient hospitalisées vendredi soir, dont la moitié en soins intensifs. Il a salué les interventions rapides qui ont permis de limiter le bilan.

L'assaillant a tiré plus de cent fois, avec des armes personnelles, achetées dans le civil, a souligné l'officier. Un rapport mentionne un FN5.7 acheté à l'armurerie locale de Killeen (Texas).

Parmi les morts, on dénombre une femme enceinte qui rentrait chez elle, un ancien employé d'une société de meubles qui avait rejoint l'armée depuis un an, un jeune marié qui avait déjà servi en Irak, et une femme qui rêvait d'attraper Oussama ben Laden après les attaques du 11-Septembre. La veillée funèbre a rassemblé des centaines de personnes.

Hasan devait partir en Afghanistan pour aider des soldats à lutter contre leur stress, comme il l'avait fait auparavant aux Etats-Unis avec ceux qui étaient rentrés au pays, a précisé l'US Army. Sa phase de préparation aurait pu prendre des mois, a indiqué sa porte-parole, le colonel Cathy Abbott. AP

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