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La fondation créée par l'ancien président Jacques Chirac a remis vendredi son premier prix pour la prévention des conflits à l'imam Muhammad Ashafa et au pasteur James Wuye, anciens miliciens religieux du Nigéria devenus d'inlassables acteurs "de la réconciliation des coeurs et des esprits". Le prix du jury a été attribué à l'ancien ministre sud-coréen de la Réunification, Park Jae Kyu, qui a dédié sa vie au dialogue entre les deux Corées.
Simone Veil qui a remis le prix doté de 100.000 euros aux deux Nigérians a salué l'action des lauréats, mais aussi l'engagement de Jacques Chirac en faveur de la paix: "Il fallait de l'imagination, il fallait beaucoup de confiance en l'homme, il fallait beaucoup d'espoir", a souligné l'ancienne ministre, membre du jury. L'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui a remis le prix du jury, a également inscrit cette initiative dans son parcours personnel.
"La crise économique et financière accroît les risques et multiplie les déséquilibres et les inégalités. Ses conséquences, cruelles pour les populations les plus fragiles des pays riches, sont dramatiques pour les pays pauvres", a souligné Jacques Chirac dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne où s'est déroulé la cérémonie. Il a rendu hommage aux trois lauréats inscrivant leur action dans la lignée d'un Ghandi, d'un Martin Luther King ou d'un Nelson Mandela.
"Je crois à la primauté du droit sur la force. Je crois en la vertu du dialogue. En clair, je crois en l'homme", a noté Jacques Chirac. "Plus que jamais, il nous faut des militants de la paix qui soient issus de la société civile. Car l'action politique, si elle a exige vision et hauteur de vue, a aussi besoin de relais", a-t-il ajouté.
"Il y a peut-être d'avantage de mérite à éviter un conflit qu'à tenter de résoudre un conflit déjà engagé", a renchéri l'actuel chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, venu clôturer la matinée. Il s'est saisi de l'occasion pour militer en faveur d'une réforme du conseil de sécurité de l'ONU où l'Afrique et l'Amérique latine ne sont pas représentées, où la Chine avec ses 1,4 milliards d'habitants ne dispose pas de siège permanent. "Est-ce raisonnable?", s'est-il interrogé.
Il a loué "l'initiative extraordinairement positive et utile" de Jacques Chirac et a exhorté tous les pays à "continuer à agir en ce sens", notamment via le G-20, l'Union pour la Méditerranée ou par la création d'une organisation internationale de l'environnement.
Les trois lauréats se sont dit extrêmement "honorés" par leur distinction. "J'ai dédié ma vie" au dialogue entre les deux Corées", a rappelé le docteur Park. Les deux religieux musulmans, anciens chefs de milices adverses, ont créé en 1995 le Centre de médiation interreligieuse dans l'Etat de Kaduna au nord du Nigéria. AP
der/ll
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