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actu & culture


KABOUL - jeudi 05 novembre 2009 à 13h31

L'ONU reloge environ 600 employés après l'attentat de Kaboul



Huit jours après l'attentat de Kaboul, les Nations unies ont annoncé jeudi qu'environ la moitié de ses employés allaient être relogés pendant quelques semaines dans le pays ou à l'étranger, le temps de renforcer la sécurité de leurs maisons d'hôtes. Il ne s'agit en aucun cas d'un retrait, a assuré la mission onusienne en Afghanistan.

Cinq employés de l'ONU avaient été tués dans l'attaque du 28 octobre. Le porte-parole de la mission, Alim Siddique, a précisé que quelque 600 salariés non-essentiels allaient changer d'air pendant trois à quatre semaines, dans des zones plus sûres dans le pays et à l'extérieur.

La plupart des 1.100 employés de l'ONU travaillant en Afghanistan vivent dans la capitale, dispersés dans plus de 90 pensions. L'ONU va renforcer la sécurité de ces maisons d'hôtes afin que le personnel soit mieux protégé, a précisé M. Siddique. Environ 80% des employés des Nations unies sont de nationalité afghane. Il a dit ignorer combien de personnes quitteraient le pays.

Le porte-parole de l'ONU a insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'un retrait. "Nous sommes ici depuis plus d'un demi-siècle et nous n'avons aucune intention de partir prochainement", a-t-il assuré. Malgré cette mise au point, la plupart des missions de l'ONU ont été suspendues depuis l'attaque et il a été proposé aux employés qui le souhaitent de prendre un congé.

Au Pakistan, l'ONU a déjà suspendu des projets de développement près de la frontière afghane après des attaques. Onze de ses employés ont été tués cette année dans le pays.

"Nous ne parlons pas de nous retirer", a lui aussi insisté auprès de la presse le plus haut responsable de l'ONU en Afghanistan, Kai Eide. "Nous ne parlons pas d'une évacuation." Il a ajouté que plusieurs destinations étaient envisagées, notamment Dubaï, où les employés des Nations unies vont régulièrement se reposer.

Le responsable onusien a expliqué que les personnes temporairement relogées ne travaillaient pas sur l'aide humanitaire ou des programmes urgents. Il s'agit du personnel de soutien, a-t-il précisé. "Nous faisons tout ce que nous pouvons pour réduire au minimum les perturbations de notre mission pendant cette période."

Outre les cinq employés de l'ONU, trois Afghans avaient également été tués lors de l'attaque, dont les talibans ont revendiqué la responsabilité, précisant qu'ils avaient volontairement visé les employés de l'ONU travaillant sur l'élection présidentielle.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a demandé 75 millions de dollars (environ 50,5 millions d'euros) supplémentaires pour financer les améliorations liées à la sécurité et faire face à la crise, a précisé un porte-parole, Adrian Edwards. "Il est clair que notre sécurité n'est pas à la hauteur face à ce type d'attaques", a-t-il dit.

Sur le terrain, des villageois du sud de l'Afghanistan ont affirmé jeudi que neuf civils, dont au moins trois enfants, avaient été tués par une frappe aérienne de l'OTAN dans la nuit. La province d'Helmand a confirmé que le village de Korkhashien avait été visé par une frappe aérienne, mais a dit ne disposer d'aucune information concernant la mort de civils. Selon elle, huit talibans ont été tués dans cette attaque. L'Alliance atlantique a déclaré qu'elle vérifiait ces allégations.

Des villageois de Korkhashien ont amené les cadavres présumés des victimes au bureau du gouverneur de la province à Lashkar Gah, aux cris de "Mort à Karzaï! Mort aux étrangers". Aux moins deux corps d'enfants sont visibles sur les images réalisées par l'Associated Press.

Dans la province orientale de Khost, plusieurs centaines de personnes ont manifesté jeudi contre la mort d'un villageois de Baramkhil dans un raid mené dans la nuit. Les forces de l'OTAN affirment qu'il s'agissait d'un taliban tué pendant la traque d'un chef de l'insurrection accusé de recruter des combattants étrangers dans le secteur.

Dans la vallée d'Uzbin, à environ 60 kilomètres au nord-est de Kaboul, des troupes de l'OTAN ont bombardé jeudi des positions des insurgés, selon un journaliste d'AP. D'après des responsables de l'armée française basée dans la région, cette opération semble avoir perturbé une réunion de chefs rebelles dans un village situé dans une partie de la vallée contrôlée par les talibans. AP

ir/v328/st/pyr/v358




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