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Les Etats-Unis se sont retrouvés sous pression lundi au premier jour d'une semaine d'ultimes négociations à Barcelone visant à préparer l'accord de lutte contre le changement climatique qui doit être adopté lors du sommet de Copenhague en décembre.
Les représentants de près de 180 pays se sont retrouvés lundi à Barcelone pour cinq jours de négociations. Il s'agit de la dernière réunion préparatoire avant le sommet de Copenhague sur le climat (7-18 décembre), qui doit déboucher sur un nouveau traité de réduction des gaz à effet de serre (GES) en remplacement du protocole de Kyoto. Des militants de Greenpeace ont manifesté devant la Sagrada Familia, déployant deux banderoles sur l'édifice pour défendre la cause du climat.
Des pays ont pressé lundi Washington de prendre des engagements précis sur la réduction des émissions de dioxyde de carbone et de contribuer à un fonds destiné à aider le pays en développement à lutter contre le changement climatique.
"Nous nous attendons à ce que les Etats-Unis puissent relever l'un des défis majeurs du siècle", a déclaré la ministre danoise de l'Environnement Connie Hedegaard, qui présidera la réunion de Copenhague le mois prochain. Notant que Barack Obama recevrait son prix Nobel de la paix en Norvège le 10 décembre, durant les travaux de la conférence de Copenhague, elle a ajouté: "Il est très difficile d'imaginer comment le président américain peut recevoir le prix Nobel (...) et avoir envoyé dans le même temps une délégation les mains vides à Copenhague."
Le chef de la délégation américaine à Barcelone, Jonathan Pershing, a précisé que les Etats-Unis avaient l'intention d'être partie prenante à un accord, mais s'assureraient qu'il pourrait être accepté par le Congrès américain. "Nous ne voulons pas être en dehors d'un accord", a-t-il affirmé. Il a déclaré que les Etats-Unis éviteraient de répéter la même erreur qu'avec le protocole de Kyoto, que leur délégation avait signé en 1997 mais qui s'était ensuite heurté à l'opposition du Congrès et n'avait pas été soumis à ratification.
Dans un camouflet indirect à Washington, Yvo de Boer, plus haut responsable du climat aux Nations unies, a déclaré que des pays comme la Chine, l'Inde, le Mexique et le Brésil avançaient plus vite sur la question du changement climatique que les pays riches. "La Chine est probablement le leader mondial de la limitation des émissions des gaz à effet de serre", a-t-il précisé.
M. de Boer a également averti que l'accord de Copenhague devrait avoir force légale car les pays en développement ne croyaient pas les promesses des pays riches. La force juridique du texte et la question d'éventuelles conséquences en cas de non-respect des engagements constituent des questions épineuses dans les négociations.
"Nous vivons dans un monde de promesses non tenues", a déclaré M. de Boer à l'Associated Press. Les pays en développement craignent que les pays riches "s'engagent sur des objectifs et ne les tiennent pas".
La question du financement de l'aide aux pays pauvres dans la lutte contre le changement climatique est aussi au menu de la réunion de Barcelone. L'Union européenne a estimé vendredi que 100 milliards d'euros par an étaient nécessaires, et a précisé qu'elle paierait sa "juste part". Les Vingt-Sept n'ont toutefois pas annoncé de contribution chiffrée.
M. de Boer a salué la proposition européenne, tout en estimant qu'elle n'était pas assez détaillée. "Je ne crois pas que l'UE ait mis assez sur la table", a-t-il déclaré. A Stockholm, le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays assure actuellement la présidence de l'UE, a expliqué que l'UE voulait que M. Obama clarifie la position américaine sur le changement climatique lors d'entretiens cette semaine à Washington. AP
lma/v/sop
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