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Des dizaines de milliers de Guinéens ont fait grève mercredi pour commémorer les meurtres et les viols commis il y a un mois par des militaires à Conakry.
D'après les organisateurs de la protestation, des dizaines de personnes entamaient également une grève de la faim de cinq jours.
"J'ai honte de ce que les femmes ont subi dans le stade", confiait l'un des participants, Halimatou Barry. "C'est atroce (...) Il faut que justice soit faite".
La plupart des commerces et des bureaux étaient fermés mercredi dans la capitale dans le cadre de cette grève générale.
Seulement 3.000 des 97.000 fonctionnaires se sont présentés au travail, a estimé Mohamed Camara, un responsable de l'opposition.
D'après une association de défense des droits de l'Homme guinéenne, 157 personnes ont été tuées et plus de 1.200 blessées le 28 septembre lorsque des membres de la garde présidentielle ont tiré sur la foule dans un stade de football où s'étaient regroupées quelque 50.000 personnes. Le gouvernement affirme que le bilan ne s'élève qu'à 57 morts, piétinés pour la plupart.
D'après Human Rights Watch, ces violences étaient préméditées. Des dizaines de femmes qui se trouvaient dans le stade ont été enlevées et conduites à bord de véhicules militaires vers des villas où elles ont été violées durant plusieurs jours par des hommes en uniformes.
"Nous, femmes de Guinée, sommes blessées dans notre âme et humiliées par les événements du 28 septembre", a déclaré la militante Diaraye Haidara. "Un jour du souvenir peut nous faire sentir mieux mais il ne guérira pas les blessures ouvertes de ces viols". AP
cb/v504
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