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Avec plus de 300.000 hommes en Afghanistan, les forces internationales et afghanes possèdent déjà une supériorité numérique écrasante sur les talibans, qui ne seraient pas plus de 25.000. Au moment où le commandant des troupes américaines et de l'OTAN sur place réclame des renforts, se pose la question de savoir combien de soldats supplémentaires seraient nécessaires pour gagner la guerre.
Actuellement, les forces anti-talibans disposent d'une supériorité numérique de 12 contre un par rapport aux insurgés islamistes. Or, le général Stanley McChrystal, commandant en chef des forces américaines et de l'OTAN en Afghanistan, demande plusieurs dizaines de milliers d'hommes supplémentaires. Il juge ces renforts nécessaires pour mettre en oeuvre une nouvelle stratégie visant à protéger les civils et à priver les insurgés du soutien de la population.
Le président américain Barack Obama doit prochainement décider ou non d'envoyer des soldats américains supplémentaires en Afghanistan, où le mois d'octobre aura été le plus meurtrier pour les forces américaines depuis le début de la guerre.
Reste que de nombreux experts doutent de la nécessité d'envoyer des renforts. "Les Etats-Unis et leurs alliés ont déjà des effectifs et une puissance de feu importants pour annihiler les talibans, si seulement ceux-ci se montraient coopératifs en ne bougeant pas et en permettant qu'on les mette en pièces avec des bombardements", déclare Andrew Bacevich, professeur de relations internationales et d'histoire à l'université de Boston. "Mais les insurgés mènent la guerre d'une manière qui ne favorise pas les atouts (des alliés)".
Pour Ljubomir Stojadinovic, un analyste militaire serbe et spécialiste de la guérilla, bien que les renforts demandés par le général McChrystal porteraient l'avantage numérique des forces anti-talibans à 20 contre un, ils pourraient se révéler contre-productifs.
"Il est impossible de reprendre l'initiative en introduisant plus de troupes étrangères, ce qui ne fera qu'engendrer plus de ressentiment et de recrues pour l'ennemi", affirme-t-il. "Les Soviétiques ont essayé la même chose en Afghanistan dans les années 1980 avec des résultats désastreux."
Les partisans du général McChrystal assurent que les Etats-Unis ont appris des erreurs des Soviétiques. Sur les instructions du général, les forces de l'OTAN abandonnent de plus en plus les tactiques violentes. "Au bout du compte, ce (conflit) ne peut être résolu seulement par des moyens militaires et à cet égard un nombre précis de combattants talibans n'est pas le problème", déclare James Appathurai, porte-parole de l'OTAN.
M. Appathurai estime que les objectifs de la stratégie définie pour l'Afghanistan sont essentiels pour déterminer le niveau des effectifs requis. Le but est d'avoir assez de soldats dans les zones peuplées pour protéger les civils et de fournir assez d'instructeurs pour former les Afghans.
Les forces internationales en Afghanistan se montent actuellement à 104.000 hommes, dont 68.000 Américains. Les forces de sécurité afghanes comprennent 94.000 soldats et un nombre similaire de policiers, portant le total des forces anti-talibans à près de 300.000 hommes.
Le ratio de 12 contre un peut toutefois être trompeur car les deux-tiers des forces alliées sont constituées d'Afghans qui manquent d'entraînement et d'expérience. Les talibans, de leur côté, combattent en petites unités soudées, composées d'amis et de membres du même clan. Un ratio de quatre ou cinq contre un traduirait peut-être de manière plus réaliste la situation sur le terrain. Historiquement dans les guerres de guérilla, les forces de sécurité ont en général un avantage d'au moins trois contre un.
Certains analystes suggèrent qu'une force de l'OTAN beaucoup plus importante que celle envisagée serait nécessaire pour vaincre les talibans. "Le ratio des forces amies par rapport à l'ennemi ne serait un aspect crucial que si vous pouviez attaquer l'ennemi. Mais avec un ennemi qui ne porte pas l'uniforme et se cache dans la population, c'est très difficile à faire", explique le colonel de l'armée américaine à la retraite Peter Mansoor, qui a aidé à superviser l'envoi de renforts américains en Irak en 2007-2008.
"L'aspect crucial dans ce cas est le ratio des forces de sécurité par rapport à la population", ce qui nécessiterait pour l'Afghanistan de disposer au total d'environ 600.000 hommes, selon ses estimations. AP
lma/v130/sb
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