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actu & culture


TEHERAN - mardi 27 octobre 2009 à 18h07

Nucléaire: Téhéran accepterait l'offre de l'AIEA, mais avec d'"importants changements"



L'Iran va demander des modifications à l'offre de l'AIEA pour enrichir son uranium à l'étranger. Alors que la réponse de Téhéran se fait toujours attendre, la télévision d'Etat iranienne a rapporté mardi que le régime allait accepter le "cadre général" de l'accord, tout en réclamant d'"importants changements".

Selon un responsable iranien non-identifié, cité mardi par la chaîne publique en arabe Al-Alam, Téhéran répondra officiellement dans les 48 heures à l'offre présentée la semaine dernière par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). L'Iran "donnera son accord au cadre général" du plan onusien avec "une requête pour d'importants changements", a-t-il expliqué.

Cela voudrait dire apparemment que le régime iranien est d'accord sur le principe pour envoyer d'une partie de son uranium enrichi à l'étranger, ce qu'il semblait réticent à faire jusqu'ici. Mais cela laisse aussi présager une possible bataille avec Américains et Européens sur les détails du plan.

L'offre de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) prévoit que l'Iran envoie 70% de son uranium faiblement enrichi en Russie puis en France, où il serait ensuite transformé en combustible nucléaire pour alimenter le réacteur de recherche de Téhéran.

Le projet d'accord avait été présenté la semaine dernière après des pourparlers entre l'Iran, les Etats-Unis, la Russie et la France. Ces derniers ont validé cette offre car elle permettrait de réduire, au moins temporairement, les stocks d'uranium enrichi iraniens, pour éviter qu'ils ne servent à fabriquer des armes atomiques. Même si Téhéran continue d'assurer que son programme nucléaire est uniquement destiné à des fins civiles.

Al-Alam ne précise pas les modifications que l'Iran voudrait obtenir. Le même jour, une autre chaîne d'Etat iranienne, Press TV, rapportait de son côté que Téhéran refuserait d'envoyer l'uranium concerné en une seule fois, laissant penser que le régime souhaite un transfert en plusieurs étapes.

L'Iran semble aussi vouloir réduire la proportion d'uranium qui sortirait du pays. Lundi, le ministre des Affaires étrangères iranien Manouchehr Mottaki avait expliqué que l'Iran pourrait accepter de "livrer une partie du combustible (d'uranium faiblement enrichi) dont nous n'avons pas besoin actuellement".

"L'accord est un bon accord et je ne pense pas qu'il nécessite des changements fondamentaux", a répondu mardi le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère Javier Solana.

A Luxembourg, où les ministres européens des Affaires étrangères étaient réunis, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner n'a pas caché que sa patience avait des limites et qu'il jugeait que Téhéran prenait un peu trop de temps pour répondre. Il a rappelé que la communauté internationale attendait déjà depuis près de trois ans une issue à la crise.

Dans le cadre de la procédure d'enrichissement, l'uranium contenant un faible niveau, 5% ou moins, d'uranium 235 est utilisé comme combustible pour un réacteur nucléaire. L'uranium enrichi jusqu'à 20% peut en revanche alimenter un réacteur de recherche. Les Etats-Unis et leurs alliés craignent que l'Iran ne cherche à enrichir davantage son uranium faiblement enrichi pour dépasser les 90%, le niveau requis pour construire une bombe nucléaire.

Il faut environ une tonne d'uranium faiblement enrichi pour produire suffisamment d'uranium très enrichi pour une seule ogive nucléaire, selon les experts. Dans le cadre du plan de l'AIEA, Téhéran enverrait d'ici la fin de l'année, 1.100kg d'uranium faiblement enrichi, en une seule fois, en Russie. L'uranium à 3,5% serait enrichi à 20% environ puis envoyé en France et transformé en combustible destiné au réacteur de recherche de Téhéran. AP

sb/v0382/nc




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