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actu & culture


PARIS - vendredi 23 octobre 2009 à 16h57

Afghans expulsés: la France n'a pas à "culpabiliser", selon François Fillon



L'Etat français "n'a pas à s'excuser" ni à "se culpabiliser" d'expulser des ressortissants afghans, a jugé vendredi François Fillon, estimant que le renvoi de trois d'entre eux dans leur pays cette semaine ne devait pas "faire l'objet de querelles stériles". Le Premier ministre a au passage reproché à la gauche d'avoir, lorsqu'elle était au pouvoir, renvoyé des personnes en Afghanistan du temps du régime des talibans.

"L'Etat n'a pas à s'excuser, l'Etat n'a pas à se culpabiliser parce qu'il fait respecter la loi, y compris lorsqu'il s'agit des arrêtés de reconduite à la frontière", a-t-il déclaré lors d'un déplacement à Domont (Val d'Oise), selon le texte de son discours transmis par Matignon.

"Le récent renvoi d'Afghans en situation irrégulière dans notre pays, comme le font chaque mois nos amis britanniques, ne doit pas faire l'objet de querelles stériles", a-t-il François Fillon, assurant "que toutes les solutions alternatives avaient bien été proposées à ces personnes", expulsées vers Kaboul dans un vol conjoint en provenance de Grande-Bretagne.

Le Premier ministre a rappelé qu'un "autre gouvernement", d'une "autre majorité", avait en son temps renvoyé "des Afghans en situation irrégulière en Afghanistan alors même que le régime était celui des talibans".

La France n'a "aucune leçon de morale à recevoir parce que s'il est bien un pays et un gouvernement qui ne laissent pas tomber le peuple afghan, c'est bien le nôtre", a plaidé François Fillon, après avoir évoqué la présence militaire française en Afghanistan.

L'expulsion de trois Afghans dans la nuit de mardi à mercredi avait provoqué une vive indignation dans les rangs de la gauche et des associations de défense des sans-papiers, et plusieurs députés de la majorité s'étaient également émus de ce retour forcé.

Le Haut commissaire à la Jeunesse Martin Hirsch a reconnu vendredi également faire "plutôt partie" de ceux qui étaient choqués par cette décision, même si cette position ne remettait pas en cause son appartenance au gouvernement.

"J'ai passé douze ans à Emmaüs à accueillir des gens en difficulté. Donc quand il y a une question accueil ou expulsion, il se trouve que je suis par atavisme, par conviction, côté accueil plutôt qu'expulsion", a-t-il expliqué sur RTL.

Estimant que l'Occident devait "prendre sa part de responsabilités" dans la situation en Afghanistan, M. Hirsch s'est dit favorable, comme le président du Secours catholique François Soulages, à "une protection temporaire, le temps de la guerre", des ressortissants afghans. AP

lat/com/cb




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