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Des négociateurs iraniens ont exprimé mercredi leur soutien à un projet d'accord qui, s'il est accepté par les dirigeants des quatre pays concernés, retarderait la possibilité pour Téhéran de se doter de l'arme atomique, en transférant en Russie la majeure partie de ses stocks existants d'uranium enrichi, ont annoncé mercredi des diplomates.
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, a confirmé à Vienne que les représentants de l'Iran et de ses trois interlocuteurs (les Etats-Unis, la Russie et la France) avaient accepté le projet d'accord. Il a dit espérer qu'il soit approuvé d'ici vendredi par les quatre capitales.
"J'ai fait circuler un projet d'accord qui, selon moi, reflète une approche équilibrée sur la manière d'aller de l'avant", a déclaré Mohamed ElBaradei, suggérant que les parties avaient travaillé dur pour surmonter les divergences, exacerbées par les soupçons pesant sur l'Iran quant à sa possible intention de se doter d'armes nucléaires. Téhéran assure que ses activités sont pacifiques et destinées seulement à produire de l'énergie.
"Tous ceux qui ont participé à la réunion essayent de regarder vers l'avenir, pas vers le passé, en essayant de guérir les blessures", a affirmé Mohamed ElBaradei. "J'espère vraiment que les gens voient (...) que cet accord pourrait ouvrir la voie à une normalisation complète des relations entre l'Iran et la communauté internationale."
Ali Asghar Soltanieh, chef de la délégation iranienne, s'est félicité de ce projet d'accord, affirmant qu'il était "sur la bonne voie", tout en soulignant que les dirigeants iraniens à Téhéran devaient encore le signer. "Nous devons examiner minutieusement ce texte", a-t-il ajouté.
Il a également suggéré que son pays -dont les représentants ont eu des entretiens en tête à tête avec la délégation américaine- avait obtenu des concessions de Washington en échange d'un éventuel accord, sans donner de détails.
Ni lui ni Mohamed ElBaradei n'ont fourni de précisions sur la teneur exacte du projet d'accord. Mais des diplomates ont confié à l'Associated Press qu'il s'agissait essentiellement de la proposition originale conçue par l'AIEA, qui contraindrait Téhéran à envoyer 75% de son stock d'uranium faiblement enrichi en Russie pour qu'il y soit enrichi davantage.
Une fois cet uranium transformé en barres de combustible, il serait renvoyé en Iran pour alimenter son petit réacteur de recherche à Téhéran, selon le projet d'accord.
S'il est essentiellement technique, un accord qui verrait l'Iran exporter la majeure partie de son uranium enrichi aurait des conséquences politiques et stratégiques importantes.
Cela engagerait en effet l'Iran à livrer plus de 1.200 kilos d'uranium faiblement enrichi, soit environ 75% de son stock déclaré. Ce qui apaiserait en grande partie les craintes de la communauté internationale au sujet du programme nucléaire iranien, puisque les experts estiment en général qu'une tonne d'uranium faiblement enrichi est nécessaire pour produire de l'uranium à usage militaire.
Mardi soir, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner avait semblé tracer les contours de l'accord en insistant sur le fait que la France ne céderait pas sur l'obligation pour Téhéran d'exporter hors du pays la plus grande partie de son uranium enrichi.
Si l'Iran accepte, "il faut que ce soit avant la fin de l'année, qu'il y ait au moins 1.200 kilos, là-dessus nous ne reculerons pas", avait déclaré Bernard Kouchner. AP
pyr/v/nc
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