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actu & culture


KABOUL - dimanche 11 octobre 2009 à 15h52

La présidentielle afghane marquée par de "nombreuses fraudes", selon l'ONU



L'élection présidentielle afghane du 20 août a été marquée par de "nombreuses fraudes", a affirmé dimanche le chef de la mission des Nations unies dans le pays. Kai Eide, diplomate norvégien, n'a donné aucun autre détail, expliquant ne pas vouloir interférer dans le recompte de bulletins de vote suspects actuellement en cours.

La commission des plaintes électorales, soutenue par les Nations unies, a ordonné le recompte des bulletins de 274 des 3.498 bureaux de vote du pays, après des allégations de fraude lors du scrutin.

Selon des résultats préliminaires, le président sortant Hamid Karzaï aurait remporté le scrutin avec 54,6% des voix. Mais son score pourrait passer sous la barre des 50% après le recompte des bureaux de vote suspects, et entraîner ainsi la tenue d'un second tour contre son rival Abdullah Abdullah.

Lors d'une conférence de presse, Kai Eide a répondu aux accusations de son ancien bras droit, l'Américain Peter Galbraith, selon lesquelles le chef de la mission de l'ONU en Afghanistan aurait cherché à cacher les fraudes commises lors du scrutin au bénéfice de Hamid Karzaï.

Au cours d'une autre conférence de presse, le président afghan a quant à lui appelé à une publication des résultats définitifs le plus vite possible. "Jour après jour, l'Afghanistan est confronté à de nouveaux problèmes de sécurité, les ressources nationales sont en baisse, l'insécurité augmente dans tout le pays, il y a un impact négatif sur les affaires de tous les jours".

Hamid Karzaï a jugé que la "confusion" sur les résultats avait été "créée par des éléments occidentaux dans notre pays", sans plus de précisions. "Je souhaite que les résultats électoraux puissent être annoncés au plus tôt", a-t-il conclu.

La semaine dernière, Galbraith, qui a été limogé, a réitéré ses accusations, reprochant aux Nations unies de ne pas avoir exercé leur responsabilité dans la supervision du scrutin afghan.

Quatre employés des Nations unies qui travaillaient sous ses ordres ont démissionné à la suite de cette affaire, a-t-on appris auprès du porte-parole de l'ONU Aleem Siddique.

Kai Eide a pour la première fois dimanche évoqué en détail les accusations de l'Américain. Il a dit avoir décidé d'essayer d'ouvrir un certain nombre de bureaux de vote que M. Galbraith voulait fermer pour des raisons de sécurité. L'Américain disait que les maintenir ouvertes risquait d'entraîner des fraudes. Mais le Norvégien a argué que les fermer aurait privé un nombre important de personnes de l'opportunité de voter et créé "un élément important d'instabilité potentielle dans le pays". Nombre de bureaux de vote dans des zones instables du sud du pays ont renvoyé des résultats jugés suspects. AP

jp/v145/nc/sb/v0244




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