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actu & culture


ZIGUINCHOR, Sénégal - dimanche 27 septembre 2009 à 02h02

Naufrage du "Joola": sept ans après, les familles des victimes exigent vérité et justice



Les familles des victimes du "Joola" ont exigé des autorités sénégalaises la vérité et la justice samedi, au cimetière de Kantène, à cinq kilomètres au sud de Ziguinchor, lors de la commémoration du septième anniversaire de son naufrage.

Le 26 septembre 2002, au large de la Gambie, le "Joola", qui transportait près de 2.000 passagers au lieu des 550 autorisés, chavirait, faisant officiellement 1.863 morts et 63 rescapés, 1953 morts et 64 rescapés, d'après les chiffres des associations. Le navire assurait en 15 heures la liaison entre Dakar et Ziguinchor, via l'île de Carabane et reliait le sud de la Casamance au reste du Sénégal.

"Sachons puiser le courage de la vérité, pour que justice soit faite. Nous sommes frappés par une consternation indicible, nous sommes abattus, on nous a littéralement tués. Trop dur à supporter", a martelé, dans un discours poignant, Awa Diédhiou, la présidente du directoire national des familles des victimes.

"Il ne s'agit ni de politique, ni d'un fond de commerce, il s'agit de mort, de deuil, de souffrance, du respect à la dignité humaine", a souligné la présidente, ajoutant: "On ne peut pas accepter que certains se permettent de souiller la mémoire et l'âme de nos frères disparus. On ne peut pas accepter la désinvolture, le mépris, l'indifférence affichée par les autorités étatiques, plus soucieux d'effacer cette tragédie de la mémoire collective, que de mettre à jour la vérité".

Les familles exigent le renflouement de l'épave du bateau, les bourses d'études promises aux étudiants de la Casamance et la prise en charge psychologique des rescapés et des familles. "Nous ne pouvons pas enterrer ou abandonner à la mer tant d'êtres qui nous sont chers et continuer comme si de rien n'était", a t-elle lancé.

"Pour 1953 morts, 64 rescapés: aucune prise en charge psychosociale, aucune démarche responsable, allant dans le sens d'une atténuation de l'atroce souffrance des familles. Le traumatisme est devenu chronique: des décès, des formes de paralysie chez les plus fragiles, une démence totale, d'autres formes de maladies continuent de décimer les familles".

"Le monde entier a les yeux braqués sur le Sénégal et veut connaître le sort réservé aux familles des victimes, aux rescapés et aux plongeurs", a insisté Awa Diédhiou, réclamant que le gouvernement tienne ses promesses, notamment la prise en charge des orphelins du naufrage, déclarés pupilles de la nation par le président Wade.

"Sept ans après la tragique disparition de leurs très chers parents, les orphelins ont déserté les routes de l'école, sans aucune forme d'assistance. Les plus chanceux sont décédés et les rescapés ont déjà atteint la majorité avec un avenir incertain. Nos orphelins sont confrontés à des difficultés majeures", souligne Awa Diédhiou.

Les familles continuent de pleurer les disparus. "Nous sommes frappés en plein coeur et ce poignard, qui est la mort de nos frères et soeurs nous a tués nous aussi, a brisé nos espoirs et nos projets. Tout le pays est endolori. Les images qui nous viennent à l'esprit sont horribles, repoussantes. Nos frères et soeurs sont morts tragiquement: leur innocence, leur désir de vivre, un gâchis insupportable, un sacrifice d'innocents", a poursuivi Awa Diédhiou. AP

mad/on




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