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Mahmoud Ahmadinejad s'est présenté en défenseur des opprimés mercredi soir, devant la 64e session de l'Assemblée générale annuelle des Nations unies, alors que le Canada, les Etats-Unis et Israël, entre autres, étaient volontairement absents pendant le discours du président iranien.
Mahmoud Ahmadinejad a insisté à New York, devant un parterre à moitié vide, sur le rôle qu'il pense avoir à jouer sur la scène mondiale: il est "prêt à serrer chaleureusement toutes les mains qui lui seront honnêtement tendues". Le Premier ministre canadien Stephen Harper avait choisi de ne pas être là, pour se démarquer des propos controversés tenus régulièrement par le président iranien sur l'Holocauste.
Mahmoud Ahmadinejad, 29e intervenant de la journée sur 33, a décrit l'Iran comme le défenseur des pauvres pays en développement, s'en prenant au capitalisme sauvage qui, selon lui, a atteint la fin de sa route et subira le même sort que le marxisme. A ce moment précis, la délégation française, entre autres, est sortie de la salle.
Pendant 35 minutes, au lieu des 15 réglementaires, il a souligné l'engagement de l'Iran, qui participe à la construction d'une paix durable et de la sécurité pour tous dans le monde, en défendant les droits légitimes et légaux, ce qui semble avoir été comme une référence implicite au programme nucléaire de son pays.
Ce jeudi précisément, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit pour adopter une résolution, appelant à une intensification des mesures visant à réduire la prolifération nucléaire. Et le 1er octobre à Genève, de nouveaux pourparlers réuniront l'Iran et six grandes puissances (Etats-Unis, France, Russie, Chine, Allemagne et Grande-Bretagne).
Mahmoud Ahmadinejad a appelé au changement face à "deux visions conflictuelles" du monde, "l'une basée sur la prédominance d'intérêts matérialistes, qui répandent les inégalités et l'oppression, la pauvreté et les privations, l'agression, l'occupation et la déception et tendent à mettre le monde entier sous son contrôle et à imposer sa volonté à toutes les autres nations". "L'autre perspective s'appuie sur la croyance en l'unicité du Dieu tout puissant (...) et respecte tous les humains et nations et les cultures de valeur".
Emaillant son discours de références religieuses, le président iranien a vivement critiqué la "politique menée en Palestine" depuis plus de 60 ans, qu'il qualifie d'"inhumaine" et accusé "les sionistes" de tous les maux.
Le porte-parole de la délégation américaine à l'ONU, Mark Kornblau, a réagi en se disant "déçu de constater que M. Ahmadinejad a une fois encore choisi de répandre la haine, les hostilités et la rhétorique antisémites".
Mahmoud Ahmadinejad a également fustigé les guerres en Irak, en Afghanistan et au Pakistan, faisant assez clairement mais indirectement référence, sans les nommer, aux Etats-Unis, qui "se trouvent à plusieurs milliers de kilomètres du Moyen-Orient et envoient leurs troupes pour une intervention militaire".
Il a exprimé son désaccord avec l'ONU et son Conseil de sécurité, où, pour lui, les décisions sont "dominées par quelques gouvernements" seulement, en attendant que des temps plus "prometteurs viennent". AP
on/cov/v86/ma
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